Kenya : Raila Odinga n’exclut pas un retour dans la course à la présidence si des réformes sont menées

Par Jeune Afrique avec AFP

Le leader de la coalition Nasa, Raila Odinga, à la sortie de la Cour suprême kényane le 1er septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le leader de l'opposition kényane Raila Odinga a estimé le 19 octobre qu'il n'était pas trop tard pour faire les réformes qui pourraient l'amener à reconsidérer sa décision de se retirer du scrutin présidentiel du 26 octobre.

« Si de vraies consultations ont lieu, si de vraies réformes sont menées et qu’une réponse est apportée aux craintes que nous avons exprimées et qui nous avaient fait nous retirer, alors nous reconsidérerons notre position », a déclaré Raila Odinga à l’issue d’une rencontre avec le président de la Commission électorale (IEBC), Wafula Chebukati.

« Mais en l’état, notre position est celle que nous avons annoncée [mercredi 18 octobre] », a ajouté le leader kényan. L’opposition a en effet promis qu’il n’y aurait pas d’élection le 26 octobre et qu’elle organiserait des manifestations massives ce jour-là.

Considérant que ses demandes de réforme de l’IEBC n’avaient pas été entendues, Raila Odinga avait annoncé dès la semaine passée qu’il ne participerait pas à l’élection du 26 octobre, organisée après l’annulation en justice du scrutin présidentiel du 8 août.

Le leader de l’opposition, qui n’a toutefois pas formalisé son retrait, a expliqué avoir été conforté dans ses choix par les critiques formulées à l’encontre de la Commission électorale par son président, Wafula Chebukati, en personne, et par une des sept commissaires de l’IEBC, Roselyn Akombe, qui a démissionné.

L’un et l’autre ont émis de forts doutes sur la capacité de l’IEBC à garantir une élection crédible, en raison des interférences politiques dont elle fait l’objet et du manque d’indépendance de certains de ses membres.

Dialogue

Wafula Chebukati avait appelé Raila Odinga et le président Uhuru Kenyatta à se rencontrer en sa présence. Mais pour le président sortant, qui refuse tout report de l’élection, le dialogue ne peut porter que sur la manière de conduire pacifiquement le scrutin de la semaine prochaine.

« C’est le seul dialogue qui est sur la table : une élection, a-t-il déclaré lors d’un échange en direct sur Facebook avec la population. Nous sommes prêts à dialoguer n’importe quand sur comment nous nous conduirons durant l’élection ».

Ce scrutin fait suite à l’annulation le 1er septembre par la Cour suprême de l’élection du 8 août, marquée par la confortable réélection de Uhuru Kenyatta (54,27% des voix). La Cour avait vertement tancé l’IEBC pour avoir organisé une élection qui n’était « ni transparente, ni vérifiable ».

Au moins 37 personnes avaient été tuées, dont 35 par la police, dans les jours qui ont suivi les élections générales du 8 août, selon la Commission nationale kényane des droits de l’Homme (KNCHR).

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