Bague en diamants de Grace Mugabe : bagarre de riches au Zimbabwe

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Damien Glez est dessinateur-éditorialiste franco-burkinabè

© Damien Glez

L’épouse du président zimbabwéen a lancé des poursuites contre un homme d'affaires libanais qui ne lui a pas remis une bague en diamants qu'elle avait commandée. Nouvel épisode dans le feuilleton de la médiatisation incessante de Grace Mugabe...

Alors que la Sierra Leone essaie de faire oublier l’expression « diamants du sang » en programmant la vente d’un « diamant de la paix », le 4 décembre à New York, la première dame du Zimbabwe en est restée au « diamant de la bagarre ».

Il faut dire que, chez les Mugabe, on ne badine pas avec les anniversaires, comme en témoignent les réjouissances fastueuses organisées, chaque année, par le nonagénaire Robert.

Sa moitié, Grace, n’est pas en reste. En 2015, pour marquer l’anniversaire de son mariage, l’épouse du président zimbabwéen commandait à l’homme d’affaires libanais Jamal Joseph Ahmed une bague de 100 carats. Selon le quotidien The Herald, en lieu et place du bijou évalué à 1,35 million de dollars, l’amoureuse se serait vue remettre une « pacotille » – tout est relatif – d’une valeur de 30 000 dollars.

Grace Mugabe refusa de prendre possession  de l’objet, vécut l’anniversaire avec le cœur brisé et déclencha une bataille juridique qui continue encore ajourd’hui…

Un caillou dans la chaussure d’une présidentiable

Selon des documents déposés au tribunal, l’homme d’affaires aurait effectué un premier remboursement de 120 000 dollars et négocié un programme de versements par échéances pour le reliquat de 1,23 million de dollars.

Ce résident permanent au Zimbabwe est aujourd’hui introuvable. Il se plaint d’avoir reçu des menaces qu’il attribue à des agents des services de renseignements zimbabwéens. Il évoque même une intervention peu amène de Russell Goreraza, un fils de Grace Mugabe qui n’est pas celui de Robert. Quand la progéniture d’un premier mariage vient au secours de la célébration d’un second hymen…

Si le scénario de cette affaire donne sans doute un rôle légitime à la first lady, il souligne tout de même le luxe dans lequel vit le couple dirigeant d’une nation en crise économique récurrente.

Or, quand elle ne défraie pas la chronique judiciaire, Grace Mugabe occupe les colonnes de la presse sud-africaine avec des accusations d’agression d’une top-model ou les ondes zimbabwéennes avec des dons critiqués de sous-vêtements d’occasion.

Cette omniprésence médiatique est-elle le signe d’une volonté manifeste d’occuper le terrain de la succession de son époux ? Sera-t-elle au contraire un caillou dans la chaussure d’une présidentiable encore velléitaire et peu crédible ?

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