Khalid Boutaïb : « Il faut s’attendre à un match tendu et engagé face à la Côte d’Ivoire »

Khalid Boutaib (g.) au duel avec Jeremy Toulalan lors du match Ajaccio-Monaco du 9 janvier 2016. © Lionel Cironneau/AP/SIPA

Auteur d’un triplé face au Gabon (3-0, le 7 octobre) qui permet au Maroc de prendre la tête du Groupe C, Khalid Boutaïb, l’attaquant de Malatyaspor (Turquie) se projette déjà au samedi 11 novembre. Ce jour-là, les Lions de l’Atlas joueront leur qualification pour la Coupe du Monde 2018 face à la Côte d’Ivoire, à Abidjan.

Jeune Afrique : Face au Gabon, vous avez inscrit trois buts essentiels pour le Maroc…

Khalid Boutaïb : Cela fait très plaisir. Marquer trois fois lors d’un match aussi important, qu’il fallait gagner pour rester en course pour la qualification, c’est vraiment quelque chose de fort à vivre. Je suis heureux d’être dans ce groupe, de pouvoir l’aider à atteindre ses objectifs.  Mais c’est surtout très important pour la sélection. Grâce à ce succès, le Maroc a son destin entre les mains. Avant d’aller jouer le dernier match en Côte d’Ivoire, c’est tout de même une position plus favorable. Même si nous savons très bien que ce sera extrêmement compliqué à Abidjan.

Hervé Renard a-t-il commencé à vous parler de ce match décisif, face à une sélection qu’il connaît par cœur ?

Non, pas trop. Il nous a juste dit de nous concentrer sur nos performances en club, et de ne pas nous mettre trop de pression. Ce match en Côte d’Ivoire, il ne faut surtout pas le jouer avant dans nos têtes. Il faudra l’aborder avec beaucoup de concentration, de rigueur, de sérieux. Nous aurons plusieurs jours pour bien le préparer. Notre sélectionneur connaît en effet très bien cette équipe, avec laquelle il est devenu champion d’Afrique en 2015.

Renard a été critiqué, notamment avant la CAN au Gabon. Et la sélection en a forcément été affectée. Le climat semble aujourd’hui plus serein…

C’est vrai. Car il y a des résultats. On a battu le Mali (6-0), le Gabon (3-0), la Corée du Sud en amical (3-1) ces dernières semaines. L’équipe gagne en qualité, en confiance. Elle marque des buts tout en restant très solide défensivement. Mais je sais comment est le milieu du foot : en ce moment, nous sommes les meilleurs. Mais si on se fait éliminer à Abidjan, on sera les plus nuls, et tout le monde aura oublié ce que nous avons réalisé avant !  Pour l’instant, nous n’avons pas encaissé un seul but en cinq rencontres de qualification, dont deux à l’extérieur, au Mali et au Gabon, où ce n’est jamais facile. Un bon 0-0 en Côte d’Ivoire, ça me va (rires) ! Honnêtement, quand il y a une qualification pour la Coupe du Monde en jeu, peu importe la manière.

La Côte d’Ivoire peut se surpasser

En face, il y aura du lourd. La Côte d’Ivoire, très amoindrie au Mali (0-0), et dont les récentes performances sont décevantes, devrait récupérer plusieurs titulaires. Que savez-vous de cette équipe ?

Qu’elle est très forte ! C’est vrai que depuis quelques mois, elle semble être un peu en difficulté. Mais elle a de très bons joueurs, et on sait très bien que lors d’un match de cette importance, elle peut se surpasser. En plus, elle aura l’avantage du terrain, avec ses supporters derrière. Elle aura besoin de gagner, alors qu’un nul nous suffira. Il faut s’attendre à une grosse ambiance, à un match tendu, engagé.

Les Lions devraient pouvoir compter sur la présence de nombreux supporters, dont le voyage serait pris en charge par les autorités…

Ce serait une très belle initiative ! Il y a une énorme attente autour de la sélection. Le Maroc n’a plus participé à une Coupe du Monde depuis 1998, en France. Moi, avant d’être appelé par Hervé Renard en 2016, j’étais supporter des Lions, et j’avais hâte qu’ils se qualifient pour cette compétition ! Maintenant que je suis de l’autre côté de la barrière, je ne peux que comprendre ce qu’attendent les supporters. On sent que tout est fait pour que la sélection soit mise dans les meilleures dispositions pour réussir. À nous, les joueurs, de faire notre travail sur le terrain…

 J’ai plutôt de bonnes stats

Vous avez rejoint Malatyaspor l’été dernier, en provenance de Strasbourg. Vous avez déjà inscrit 5 buts en Süper Lig turque. Vous attendiez-vous à une adaptation aussi rapide ?

Ce qu’il y a de bien, c’est que nous sommes plusieurs francophones dans cette équipe. Cela facilite un peu les choses. En ce qui me concerne, il est exact que j’ai plutôt de bonnes stats. Mais il faut confirmer. Cela se passe bien, mais la saison est encore longue. Si au mois de décembre, j’en suis toujours à 5 buts, on dira que ça ne se passe pas si bien que ça….

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