Centrafrique : les affrontements entre ex-Séléka sont responsables de la mort d’une centaine de civils

Par Jeune Afrique avec AFP

Nourredine Adam, ancien numéro 2 de la Séléka, le 14 mars 2013 à Bangui. © Vincent Fournier / J.A.

Au moins 133 civils ont été tués dans deux provinces de la Centrafrique entre novembre 2016 et février 2017 par les factions rivales de l'UPC et du FRPC issues de l'ex-Séléka, selon un rapport de la Mission de l'Onu dans ce pays (Minusca), publié le 17 octobre, qui dénonce des groupes armés ciblant des civils et agissant en toute impunité.

Un rapport établi par la division des Droits de l’homme de la Minusca, revient sur les affrontements entre deux factions rivales, le Front populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) et l’Unité pour la Paix en Centrafrique (UPC), pendant quatre mois dans les régions de Bria et Bakala. Ces violences ont marqué « le début d’une nouvelle spirale de violence intercommunautaire qui se poursuit encore aujourd’hui ». Selon les enquêteurs de la Minusca, ces groupes armés ont tué au moins 133 civils ou autres personnes protégées pendant cette période, à savoir 82 hommes, 16 femmes, 10 enfants et 25 personnes d’âge et de sexe inconnus. La mission onusienne affirme être en mesure d’attribuer 111 de ces meurtres à l’UPC, et 22 à la coalition FPRC.

La Minusca dit par ailleurs avoir des allégations crédibles concernant la mort de 293 autres civils, tués par ces mêmes groupes armés durant la même période et qui se répartissent de la façon suivante : 167 par l’UPC et 126 par le FPRC.

Les violations et abus documentés « incluent des meurtres, des blessures, des enlèvements, des viols, le déni de soins médicaux et de secours humanitaire, l’appropriation de biens ou la destruction de propriétés et des restrictions à la liberté de mouvement », énumère le rapport.

Renfort de casques bleus

Le FPRC est une nouvelle coalition issue de l’éclatement de l’ex-Séléka à dominante musulmane. Elle compte dans ses rangs des éléments issus des milices dites anti-Balaka. L’UPC, également issu de l’ex-Séléka, affirme de son côté défendre les intérêts des éleveurs peuls.

La Centrafrique est en proie depuis 2013 à des violences intercommunautaires, après le renversement la même année de l’ex-président François Bozizé par les milices Séléka prétendant défendre la minorité musulmane, ce qui avait entrainé une contre-offensive des milices anti-Balakas majoritairement chrétiens.

L’intervention de la France entre 2013 et 2016 et celle de la Minusca ont permis un retour au calme, mais les violences ont progressivement repris dans les provinces qui restent majoritairement sous la coupe des milices et groupes armés.

La Minusca regrette « l’absence et/ou la faiblesse des institutions de l’Etat pour assurer une protection efficace des civils ». Elle souligne au passage que cette protection « ne saurait être réalisée uniquement grâce aux moyens militaires » de la force de l’Onu, qui compte actuellement 12 500 casques bleus.

Le secrétaire général de l’ONU, Antonio Gutierres, qui doit effectuer une visite en Centrafrique la semaine prochaine, recommande d’ailleurs de renforcer la mission de paix Minusca en Centrafrique de 900 Casques bleus en raison de nouveau « cycle de violences ».

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