La mégapole la plus dangereuse pour les femmes se trouve en Afrique

Des femmes Cairotes sortent du métro, en octobre 2016. © Nariman El-Mofty/AP/SIPA

D’après une récente étude de la fondation Thomson Reuters, Le Caire est la mégapole la plus dangereuse du monde pour les femmes. Elle est suivie de près par Kinshasa, en République démocratique du Congo.

Pour réaliser leur classement, la fondation Thomson Reuters a passé au scanner 19 villes de plus de 10 millions d’habitants dans le monde, sur les 31 listées par les Nations unies, afin de « déterminer quelles villes sont sûres pour les femmes, et lesquelles doivent en faire davantage ». Pour cela, ils ont fait appel dans chaque ville à un panel d’au minimum quinze experts, à qui ils ont envoyé un questionnaire.

Les voyants au rouge au Caire

Violences sexuelles, faible accès à la santé, manque d’opportunités économiques… Au Caire, l’ensemble des voyants vire au rouge lorsqu’il s’agit de la condition des femmes. D’après la fondation Thomson Reuters, les Égyptiennes auraient même vu leur condition empirer depuis le soulèvement de 2011. Les années de crise économique ont fait chuter le taux de salariat féminin à 23 % en 2016, alors qu’il était de 26 % en 1990, selon les données de la Banque mondiale.


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Autre inquiétude : la généralisation des violences faites aux femmes dans la société égyptienne. La fondation Thomson Reuters rapporte ainsi une étude menée par les Nations unies en 2013, selon laquelle 99 % des femmes interrogées affirment avoir subi du harcèlement sexuel, tandis que 47 % des femmes divorcées ou séparées font état de violences domestiques. D’après l’étude, beaucoup d’entre elles sont également victime de mutilations génitales ou forcées de se marier avant leur majorité.

Lagos en huitième position

Au deuxième rang du classement, on retrouve Kinshasa, ex æquo par ailleurs avec la mégapole pakistanaise de Karachi. Si la capitale de la RDC se situe dans le milieu du classement en termes de violences sexuelles, elle est par contre bonne dernière en ce qui concerne les opportunités économiques. L’étude met notamment en avant les obstacles à l’éducation des femmes – seulement 6 filles sur 10 arrivent à la fin de l’école primaire – et leurs difficultés à avoir accès à des services financiers.

Troisième ville africaine étudiée par le classement : la tentaculaire Lagos, qui compte avec son agglomération plus de vingt millions d’habitants. Celle-ci pointe à la 8e place du classement, grâce notamment à ses bons résultats en matière de sécurité face aux violences sexuelles et au harcèlement. Mais elle pâtit de ces pratiques culturelles néfastes envers les femmes.

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