Nigeria : Buhari envoie l’armée dans l’État du Plateau après des affrontements intercommunautaires meurtriers

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président nigérian Muhammadu Buhari lors d'une allocution à la Nation depuis le palais présidentiel d'Abuja, le 21 août 2017. © Bayo Omoboriowo/AP/SIPA

Ces violences meurtrières entre éleveurs et agriculteurs, sur fond de tensions religieuses et communautaires, ont eu lieu dans l'État du Plateau, dans le centre du pays. Ces derniers jours, cette région est devenue l'épicentre des violences qui ont entraîné la mort d'au moins 29 personnes.

Au moins 29 personnes, selon un responsable local, vingt selon la présidence du Nigeria, ont été tuées dans l’État du Plateau, dans le centre du pays. « Le président Muhammadu Buhari a appris avec un grand regret et une profonde tristesse la mort d’au moins 20 personnes dans l’État du Plateau, dans ce qu’il a décrit être une vengeance de la part de nomades », a indiqué un communiqué de la présidence nigériane publié dans la soirée du lundi 16 octobre.

« Le président Buhari pense que cette folie est allée trop loin. Il a demandé à l’armée et à la police de non seulement la stopper, mais de faire tout leur possible pour que cela ne se reproduise plus », selon ce communiqué.

Un couvre-feu instauré après l’escalade des tensions

Le week-end dernier, des bergers – des nomades peuls-fulanis musulmans – ont tué au moins 20 personnes dans une série d’attaques contre des agriculteurs sédentaires – chrétiens -, défiant le couvre-feu instauré vendredi par le gouverneur de l’État après une escalade des tensions entre les deux communautés.

« Des groupes inconnus ont attaqué plusieurs villages dans le district de Barikin Ladi samedi, et ont tué de nombreuses personnes », a déclaré le porte-parole des Forces spéciales de sécurité (STF) de l’État du Plateau, Salisu Mustapha, dans la presse locale. « Les assaillants sont arrivés en nombre, et pour la première fois, ils n’ont pas seulement tiré sur leurs victimes, mais ont également utilisé des explosifs », a précisé le porte-parole.

Tensions ethniques et religieuses

La région de la « ceinture », centre fertile du Nigeria, est régulièrement le théâtre d’affrontements sanglants entre agriculteurs et éleveurs. Ces derniers, des nomades qui transhument traditionnellement avec leur bétail, ont tendance à se sédentariser par manque de terres disponibles.

Au départ, le conflit portait surtout sur l’accès à la terre et à l’eau. Mais les tensions ethniques et religieuses ont augmenté depuis les violences post-électorales de 2011, durant lesquelles des centaines de musulmans ont été tués ou forcés de fuir la région. De nombreux spécialistes et éditorialistes nigérians critiquent toutefois la réponse militarisée du gouvernement et accusent des responsables politiques et religieux d’avoir attisé les haines.

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