Non, aucun essai anti-Ebola n’a eu lieu en RDC au cours de la dernière épidémie

Par Jeune Afrique

La souche du virus Ebola. © Frederick Murphy/AP/SIPA

Le ministère de la Santé de la RDC réagit à la tribune publiée sous le titre de « RDC : des essais cliniques de traitement contre Ebola sans l’approbation du comité éthique ? ». Une réponse signée par Joanna Zaina Kakizinka, directeur de cabinet adjoint dudit ministère.

Le ministère veut d’emblée rassurer la communauté nationale et internationale, plus particulièrement les lecteurs de votre journal, qu’aucun essai thérapeutique ni vaccinal anti Ebola n’a eu lieu en RDC au cours ou en marge de la dernière épidémie de la Maladie à Virus Ebola (MVE).

Rappel des faits

Le ministère de la santé confirme qu’effectivement le 11 mai 2017, la RDC a connu une épidémie d’Ebola dans la zone de santé de Likati dans la province de Bas-Uele au Nord de la RDC. Cette épidémie avait atteint 8 personnes (confirmées au laboratoire) et occasionné la mort de la moitié d’entre elles.

Heureusement, elle a pu été contrôlée en moins de 60 jours grâce aux mesures de santé publique habituelles soutenues par la grande expertise du personnel soignant de notre pays en matière de gestion des épidémies d’Ebola (la huitième en 40 ans) avec la collaboration et le soutien des agences internationales dont l’Organisation Mondiale de la Santé.

Cependant, depuis la fin de la grosse épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest en 2016, l’utilisation du vaccin Ebola a été intégrée parmi les mesures de lutte contre les épidémies d’Ebola. C’est dans ce cadre-là que, dès les premières heures suivant la déclaration de l’épidémie en RDC, l’OMS ainsi que d’autres agences comme MSF avaient sollicité notre gouvernement pour pourvoir étudier l’éventualité d’utiliser le vaccin rVSV EBOV.

Ce vaccin avait déjà été expérimenté avec succès en Afrique de l’Ouest, comme rapporté dans cet article publié dans The Lancet en 2016 (Henao- restrepo et al, 2016). En effet, bien que non encore homologué par l’OMS, ce vaccin avait montré une efficacité suffisante justifiant son utilisation suivant les recommandations du comité stratégique de l’OMS sur l’immunisation.

Étude de faisabilité de l’essai clinique en RDC

En toute responsabilité et après avoir consulté tous ses experts en matière d’Ebola et de vaccination, le ministère de la Santé avait donné son accord de principe et, par la même occasion, avait crée une commission ad hoc réunissant toutes les agences et experts nationaux pour étudier le protocole proposé pour cet essai. Cette commission avait aussi la charge d’étudier les conditions de faisabilité de l’essai en tenant compte de l’évolution de l’épidémie sur le terrain à Likati.

Sur recommandation de cette commission, une approbation éthique a été demandée et obtenue du comité éthique de l’école de santé publique de l’université de Kinshasa sous le Numéro ESP/CE/028/2017 datant du 25 mai 2017. En plus, plusieurs séances de travail ont été organisées à ce sujet avec MSF, l’institution humanitaire en charge de l’implémentation de cet essai, dont une autorité est venue à Kinshasa au courant du mois de juin pour échanger avec la commission de la faisabilité de cet essai.

Cependant, le contrôle très rapide de cette épidémie à Likati, dont la fin a été déclarée le 2 juillet 2017, avait rendu inopportune l’utilisation de cet essai. Ainsi aucune vaccination Ebola n’a eu lieu en RDC comme le spécule sans apporter aucune preuve la tribune publiée sur votre site internet.

Toutefois notre pays a continué à travailler avec l’OMS et les autres partenaires dans le sens de la préparation pour les éventuelles prochaines épidémies pour pouvoir être prêt à recourir à ce nouvel instrument qui désormais fait partie des stratégies de lutte contre la menace Ebola validées par les experts internationaux.

Dans ce cadre, plusieurs autres réunions de préparations et d’échanges ont été organisées sous l’égide soit de MSF (en juillet à Kinshasa), soit de l’OMS (en juin à Yaoundé et en septembre à Genève). De plus, lors de la dernière rencontre à Genève, la RDC, à travers un de ses experts en cette matière, avait présidé la direction de cette importante réunion sur l’utilisation du vaccin Ebola.

Une question de santé publique

Enfin le ministère de la Santé de la RDC s’étonne que votre journal, dont nous reconnaissons le sérieux et la notoriété, puisse publier des informations aussi graves sans avoir eu à recueillir des contre-informations de la part de notre ministère et/ou de ses agences impliquées dans cette activité.

Il se réserve ainsi le droit de poursuivre l’auteur de ces lignes en justice car ces fausses informations portent non seulement atteinte à notre crédibilité et à nos institutions mais aussi sont susceptibles de créer de la suspicion, voire de la résistance, pouvant compromettre nos interventions de Santé publique futures en cette matière.

Joanna Zaina Kakizinka, directeur de cabinet adjoint du ministère de la Santé

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici