Le Ghana maintient son prix du cacao, alimentant les craintes de contrebande depuis la Côte d’Ivoire

Par Jeune Afrique

La crise du cacao ivoirien ne refroidit pas l'enthousiasme des gestionnaires d'actifs de conférence annuelle de l’Association africaine du capital-investissement et du capital-risque © Jacques Torregano pour JA

Le Ghana va maintenir inchangé le prix du cacao pour ses planteurs pour la saison 2017-2018, a annoncé vendredi le ministre ghanéen de l'agriculture. Cette décision risque d'alimenter la contrebande de fèves depuis la Côte d'Ivoire, en raison de l'important différentiel de prix entre les deux pays limitrophes.

Le Ghana, deuxième producteur mondial de cacao derrière la Côte d’ivoire, a maintenu le prix payé aux planteurs à 7600 cedis (1735 dollars) la tonne de fève, dans un contexte de chute des cours qui a contraint Abidjan à diminuer de plus d’un tiers le prix payé à ses agriculteurs.

« Cela va coûter très cher au Cocobod (l’organe ghanéen de régulation de la filière, ndlr), car ils n’ont pas pu vendre à l’avance à ce prix. Ils vont devoir compenser grâce au fonds de stabilisation », a déclaré à Reuters un négociant en cacao basé à Londres.

Contrebande

Le différentiel de prix entre les deux pays frontaliers – 1735 dollars la tonne au Ghana contre 1270 dollars la tonnes en Côte d’Ivoire – risque de favoriser la contrebande.

Selon les prévisions du Conseil du café cacao (CCC), organe de régulation de la filière ivoirienne, la Côte d’Ivoire pourrait perdre un cinquième de sa récolte, soit 400 000 tonnes, à cause de ce différentiel, avait dévoilé Bloomberg en septembre.

Des exportateurs et négociants interrogés par Reuters estiment qu’entre 80 000 et 100 000 tonnes de fèves ivoiriennes ont déjà été passées en contrebande, majoritairement vers le Ghana, depuis que le CCC a diminué le prix « bord champs » au début de la campagne intermédiaire, en avril dernier.