Chine : une exposition de photos jugée raciste suscite la colère des réseaux sociaux

Présentée en Chine, une exposition de phtographies qui mettait côte à côte des Africains et des animaux sauvages, a suscité l'indignation sur les réseaux sociaux. © Capture d'écran

Après une forte mobilisation sur les réseaux sociaux, une exposition de clichés d'un photographe chinois a été suspendue. Elle mettait côte à côté des Africains, adultes et enfants, et des animaux sauvages.

Après avoir déclenché un tonnerre de protestations sur les réseaux sociaux, une exposition de photographie accusée de racisme et présentée en Chine a finalement été annulée ce 11 octobre, selon l’auteure d’une pétition qui réclamait sa suspension.

Présentée au musée provincial de Wuhan, dans le centre de la République populaire, cette galerie de photos mettait côte à côte des images d’animaux sauvages et des portraits d’Africains dans des poses souvent peu valorisantes.

 

 

Surtout, l’attitude des animaux est synchronisée sur celle des Africains. La photo d’un chimpanzé la gueule grande ouverte ou d’un lion qui rugit se trouvaient ainsi placées à côté d’un homme ou d’un enfant qui semblait avoir la même expression. Cette exposition, qui durait depuis plus d’un an au moment de la polémique, semble avoir été plutôt bien accueillie dans un  premier temps.

Une image en date de janvier 2016 et publiée sur le site du Forum pour la coopération sino-africaine montre même les visiteurs chinois se presser au Musée provincial de Wuhan pour observer ces 150 clichés issus du travail de plus de trente photographes chinois en Afrique pendant trois ans.

« Non, les Noirs ne sont pas des animaux »

Mais de nombreux internautes africains, sur Facebook et Instagram, se sont plaint de ces images jugées dégradantes. Sur le site change.org, une pétition pour demander le retrait de ces portraits,  intitulée « Non, les Noirs ne sont pas des animaux », a ainsi recueilli 6000 signatures en quelques jours.

L’artiste chinois à l’origine de l’oeuvre, Yu Huiping, « aurait évoqué devant une étudiante kényane la volonté de mettre en avant les animaux-totems de la culture chinoise au coté des Africains », écrit l’auteure de la pétition, Armelle Moutsinga.

Une explication qui ne l’a que moyennement convaincue. « Est-ce que la girafe fait réellement parti des animaux-totems chinois ? poursuit-elle. L’enfant ouvrant grande sa bouche savait-il qu’il allait se retrouver dans un Musée accolé à un gorille ? Pourquoi aucun Chinois ne se retrouve dans une telle posture ? »

Les cadres ont finalement été retirés le 11 octobre, se félicite Armelle Moutsinga qui écrit cependant : « Ne relâchons surtout pas la pression, il y a du changement mais pas assez ! Nous ne voulons plus jamais ça ».

Car cette histoire est tristement révélatrice de la persistance de certains clichés : en mai dernier, une publicité pour une lessive diffusée en Chine avait choqué la Toile. On pouvait y voir un ouvrier noir, couvert de peinture, passer à la machine à laver pour ressortir transformé en jeune Chinois.

Vu plus de 5 millions de fois sur Internet, ce clip n’avait toutefois pas soulevé de vague d’indignation similaire en Chine où il ne totalisait que 2 000 vues sur la plateforme populaire de partage de vidéo Youku.