La start-up de la semaine : Warayo, le Bon coin à la centrafricaine

Par - à Bangui

Wakayo est le premier agrégateur de petites annonces en Centrafrique. © D.R.

Emmanuel Begoto-Gondjé gère depuis Fès, au Maroc, la toute première plateforme de petites annonces en Centrafrique, qui vient de lancer ses activités. Et le jeune ingénieur ne manque pas de projets, au premier rang desquels figure le développement d'un service de livraison.

Le 1er septembre est une date qu’Emmanuel Begoto-Gondjé n’oubliera pas de sitôt : c’est ce jour-là qu’après un semestre de travail pour lui et sa petite bande d’amis, le site « Warayo » (« trouve-vite » en sango, la langue véhiculaire de Centrafrique) a été officiellement lancé.

Louer un local commercial ou une habitation en location, consulter les programmes de la télévision nationale, acheter une paire de chaussures, une armoire ou un poulet de chair, recruter un employé… Le jeune Centrafricain de 29 ans, a choisi de miser sur les petites annonces.

Diplômé d’un master en développement informatique, le jeune homme est parti du constat de l’absence de plateforme chargée de rassembler et de référencer les bons plans de Bangui, et se propose d’y remédier « afin de faciliter les échanges entre particuliers » et, pourquoi pas, d’« ouvrir la Centrafrique au monde ».

Pour l’instant, l’investissement a été minime, car nous avons tout pu faire en interne

« Côté acheteur, il était difficile de trouver des informations, et côté annonceurs, il n’y avait pas vraiment de visibilité sur la toile. Ça m’a poussé à réfléchir à une seule plateforme sur laquelle on peut trouver tous les services disponibles à Bangui, classés par catégorie », explique-t-il, depuis Fès, au Maroc, où il a fait ses études à l’École technique d’informatique et de gestion d’entreprises (Étige), et d’où il pilote son entreprise.

Un Le Bon coin à la centrafricaine ? Peut-être, sourit le jeune ingénieur : « Je ne cherchais pas vraiment à m’inspirer de ce modèle, mais en commençant à coder, je me suis rendu compte que nous utilisions sensiblement le même algorithme. »

Tandis qu’Emmanuel Begoto-Gondjé assure la partie technique depuis Fès, ses associés – tous des Centrafricains – veillent depuis Bangui au marketing et à la communication. « Pour l’instant, l’investissement a été minime, car nous avons tout pu faire en interne et n’avons eu à payer que pour les serveurs d’hébergement du site et notre campagne de lancement sur les réseaux sociaux. Par contre, nous espérons maintenant le soutien d’un incubateur afin de nous épauler pour la suite de notre développement », confie l’entrepreneur.

Référencement payant et commissions sur les livraisons

Actuellement, ce dernier est en cours de négociation dans des transporteurs centrafricains, afin de proposer un service de livraison aux utilisateurs du site. Cette activité permettra à l’entreprise de se rémunérer, via une commission. Emmanuel Begoto-Gondjé compte aussi sur les bannières publicitaires, ainsi que sur un référencement préférentiel payant proposé aux commerçants, pour assurer à terme la survie du site.

Durant son premier mois d’activité, Warayo a permis la réalisation de plusieurs centaines de transactions à Bangui. Pour Crispin Andala, 27 ans, la plateforme est la bienvenue : « J’y suis allé trois fois en dix jours : la première fois pour trouver une maison de location pour ma sœur qui venait de Paris, la deuxième afin de vendre mon ordinateur portable, et actuellement, je l’utilise car je suis à la recherche d’un plombier », raconte ce cadre qui travaille pour une ONG à Bangui.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici