Dette cachée du Mozambique : les trois entreprises publiques impliquées contestent le rapport d’audit

Par Jeune Afrique - Avec AFP

Le 9 octobre 2015 une statue en bronze de l'ancien Samora Machel dans la capitale du Mozambique, Maputo. © Christopher Torchia/AP/SIPA

Les trois entreprises publiques mozambicaines impliquées dans l'affaire de la dette cachée, qui avait conduit le FMI et d'autres grands bailleurs de fonds à suspendre leur aide budgétaire aux pays, ont contesté des conclusions de l'audit réalisé par le cabinet Kroll LLC, rapporte Bloomberg.

Dans une lettre envoyée par leur avocat au procureur général Beatriz da Consolacao Bushilli et consultée par Bloomberg, les trois entreprises publiques impliquées dans l’affaire de la dette cachée mettent en doute deux conclusions phares de l’audit de Kroll.

Ainsi, ces entreprises nient le fait que la dette cachée a financé 500 millions de dollars de dépenses inexpliquées, contestant la méthode de calcul de Kroll, et affirment que le projet de sécurité maritime financé par les emprunts « avait été rendu public dès le premier jour ».

Dans leur lettre, les trois entreprises ajoutent que les trois emprunts n’auraient pas été réalisé si les projets financées n’étaient pas économiquement viables. Elles contestent également une conclusion de Kroll selon laquelle elles auraient à l’époque fourni des données financières incomplètes.

Colère des bailleurs de fonds

En 2013 et 2014, trois entreprises à capitaux publics liées aux services secrets et au ministère de la Défense mozambicains avaient emprunté 2 milliards de dollars pour acheter du matériel de surveillance maritime et des navires.

La révélation de l’affaire en avril 2016 avait suscité la colère des principaux bailleurs de fonds qui avaient gelé leur aide budgétaire, plongeant le Mozambique dans une crise économique et financière.

L’audit indépendant, réalisé par le cabinet Kroll Associates UK à la demande du bureau du procureur mozambicain, était une des conditions à la reprise de l’aide internationale, en plus de l’instauration de mesures de restriction budgétaire et d’une réduction de la dette du pays, que l’affaire a fait passer de 86% à 130% de son produit intérieur brut (PIB) de 2015 à 2016.