Centrafrique : plusieurs personnalités entendues par la justice ces derniers jours à Bangui

Le quartier commerçant de Bangui, en Centrafrique, le 30 novembre 2010. © Afrika Force

Plusieurs personnalités politiques ont été entendues ce lundi à Bangui au sujet des violences de mai 2017 à Bangassou et Bria. D'autres ont rencontré un représentant de la CPI en déplacement à Bangui.

Le tout Bangui jase depuis quelques heures au sujet de « convocations ». En effet, plusieurs personnalités politiques sont passées par le bureau du procureur de la Cour d’appel de Bangui ce 9 octobre 2017. Alexandre-Ferdinand Nguendet, ancien président du Conseil national de transition (CNT) entre 2013 et 2016 et ex-chef de l’État centrafricain par intérim en 2014 et Crépin Mboli-Goumba, ex-ministre de l’équipement, des travaux publics et du désenclavement entre 2013 et 2014, ont été entendus sur les événements qui se sont déroulés du 6 au 20 mai 2017 à Bangassou et Bria, selon un document transmis à Jeune Afrique. Joint par téléphone, le procureur n’a pas voulu en dire plus. Mais selon une source judiciaire, les deux hommes n’ont pas été mis en examen.

Joachim Kokaté, militaire et homme politique, a lui aussi été entendu. Mais il précise à Jeune Afrique que s’il a bien rencontré le procureur, ce n’était pas, comme d’autres, au sujet des événements de mai 2017, mais de l’affaire qui l’oppose au parlementaire Anicet-Georges Dologuélé, qu’il a accusé de projets de déstabilisation de l’État centrafricain. Nicolas Tiangaye, ancien Premier ministre, complète la liste des personnes entendues ces derniers jours.

En mai 2017, des violences ont frappé la Centrafrique, causant de nombreux décès et déplacés. Une Commission d’enquête avait été mise en place pour faire la lumière sur les raisons des combats.

Les partis dénoncent

Les partis politiques dont Nguendet et Mboli-Goumba sont présidents, respectivement le Rassemblement pour la république (RPR) et Patrie, ont émis un communiqué commun dénonçant la volonté du « pouvoir en place » de « régler son compte par tous les moyens à l’opposition ». Le communiqué va jusqu’à mettre en question la légalité de la convocation : selon les deux formations politiques, la Commission d’enquête judiciaire était arrivée à son terme ce 30 septembre.

Nguendet a rapidement pris ses distances avec Faustin-Archange Touadéra après l’investiture de ce dernier et Mboli-Goumba, de son côté, a publiquement critiqué le directeur de cabinet du président, Firmin Ngrebada.

Un représentant de la CPI à Bangui

À Bangui, si les rumeurs ont enflé autour des « convocations », c’est aussi parce que selon des sources concordantes, en plus de celles chez le procureur, ces derniers jours plusieurs personnalités ont été entendues par le substitut du procureur de la Cour pénale internationale (CPI), Kweku Vanderpuye. Ce dernier était en visite à Bangui et aurait reçu, pour des discussions plus ou moins formelles et afin de recueillir des témoignages, Joachim Kokaté ainsi que Didacien Kossimatchi, un proche de Faustin-Archange Touadéra qui a récemment accusé le président de l’Assemblée nationale Abdou Karim Meckassoua de volonté de conspiration contre l’État.