Cameroun : l’avocat anglophone anti-corruption Akere Muna annonce sa candidature à la présidentielle

Par Jeune Afrique avec AFP

Le 15 février, Akere Muna dans son bureau à Yaoundé. © Jean-Pierre Kepseu/JA

Célèbre avocat camerounais, héraut de la lutte contre la corruption, Akere Muna a déclaré sa candidature à l'élection présidentielle de 2018 dans la dernière édition de Jeune Afrique, parue ce weekend. Une annonce suivie de la diffusion d'un enregistrement sur les réseaux sociaux ce dimanche 8 octobre.

Après avoir choisi Jeune Afrique (édition du 8 au 14 octobre) pour annoncer son intention d’être candidat à la fonction de président de la République du Cameroun lors des élections prévues en 2018, Me Akere Muna a fait diffuser ce dimanche un enregistrement sur internet. « Nous devons marcher vers une nouvelle République, qui sera fondée sur la bonne gouvernance et sur l’État de droit », a assuré l’avocat âgé de 65 ans. Il a par ailleurs promis qu’il n’y aurait plus aucune « tolérance pour la corruption, le tribalisme, le népotisme et le favoritisme ».

Anglophone, Me Akere Muna est une personnalité connue au Cameroun et à l’étranger. Fils de l’ancien Premier ministre Salomon Tandeng Muna, il a notamment été bâtonnier du barreau du Cameroun.

En 2000, il fonde et préside l’antenne camerounaise de Transparency International avant de devenir, en 2005, vice-président mondial de cette ONG de lutte contre la corruption. En 2004, il devient président de l’Union panafricaine des avocats (UPA).  De 2008 à 2012, il a été à la tête du Conseil économique, social et culturel de l’Union africaine.

Son frère Bernard Muna, parfois juste appelé « Ben » Muna, est également avocat, et ancien procureur du Tribunal pénal international pour le Rwanda entre 1997 et 2002. Il s’était d’ailleurs présenté contre le président Paul Biya à l’élection présidentielle de 2011 pour le compte de l’Alliance des forces progressistes (AFP).

L’annonce de Me Akere Muna intervient alors que les zones anglophones du Cameroun sont confrontées à une grave crise socio-politique depuis novembre 2016. En mars dernier, lui-même avait d’ailleurs été entendu par le Secrétariat d’État à la Défense (SED) camerounais pour avoir « intellectuellement amplifié » cette crise, avant de ressortir libre.

Le Cameroun organisera la prochaine présidentielle fin 2018, probablement en octobre. Depuis au moins deux ans, les partisans de Paul Biya appellent ce dernier à briguer un nouveau mandat. Âgé de 84 ans, dont 35 au pouvoir, l’actuel chef de l’État n’a pas encore révélé ses intentions, mais tout porte à croire qu’il se portera candidat.

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