Gambie : des victimes veulent un « procès Jammeh », sur le modèle du procès Habré

Le président gambien Yahya Jammeh © Sunday Alamba/AP/SIPA

Les 19 et 20 octobre, des ONG gambiennes et internationales de défense des droits humains se réuniront à Banjul pour se pencher sur les crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh entre 1994 et 2017.

C’était en avril dernier. Après la condamnation en appel de Hissène Habré à la prison à perpétuité par les Chambres africaines extraordinaire (CAE) à Dakar, une délégation de victimes de l’ex-dictateur tchadien s’envolait pour Banjul. Parmi elles, les Tchadiens Souleymane Guengueng et Clément Abaïfouta, ou encore le Sénégalais Abdourahmane Gueye.

Accompagnés par leurs avocats Reed Brody et Jacqueline Moudeïna, ils ont rencontré plusieurs victimes gambiennes de crimes commis sous le régime de Yahya Jammeh, dont Fatima Sandeng, la fille de l’opposant Solo Sandeng mort en détention en avril 2016.

Espoir de justice

De cette rencontre est née l’espoir, pour ces victimes gambiennes, d’obtenir à leur tour justice contre leur bourreau présumé, contraint à l’exil en Guinée équatoriale le 21 janvier dernier. Ces derniers mois, environ 250 d’entre elles se sont regroupées au sein du Centre gambien pour les victimes de violations des droits humains.

Réfléchir à la meilleure stratégie pour juger Yahya Jammeh et ses complices

Les 19 et 20 octobre, cette ONG organise une rencontre à Banjul avec Equatorial Guinea Justice (la principale organisation équato-guinéenne – en exil – de défense des droits humains) et différentes ONG internationales (Human rights watch, Trial international, Sherpa…).

Objectif ? « Aider les victimes à se regrouper et réfléchir ensemble à la meilleure stratégie pour juger Yahya Jammeh et ses complices », répond Reed Brody, avocat américain de Human rights watch (HRW), qui a joué un rôle central dans la condamnation de Habré.

Les organisateurs de cette rencontre le reconnaissent eux-même : la bataille judiciaire qui s’annonce contre Yahya Jammeh sera longue et difficile. Selon eux, une des premières étapes sera notamment de trouver les moyens d’augmenter la pression sur le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema pour le contraindre à « lâcher » son protégé gambien.