Tunisie : un Franco-Algérien et une Tunisienne condamnés pour atteinte aux bonnes mœurs

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue de Gammarth, au nord de Tunis. © CC Citizen59

Accusés de se comporter de façon indécente dans une voiture près de Tunis, un Franco-Algérien et une Tunisienne ont été arrêtés puis condamnés à de la prison pour « atteinte aux bonnes mœurs » et « outrage à un fonctionnaire ».

Cadre dans une société marseillaise, l’homme, un Franco-algérien de 33 ans, était parti passer un week-end à Tunis. Il y a retrouvé le 29 octobre une amie tunisienne avec qui il s’est arrêté sur la route touristique de Gammarth, au nord de Tunis. Interpellés et fouillés, ils ont été conduits au commissariat. Lorsque la police leur a fait signe qu’ils pouvaient finalement partir, l’homme a invectivé les policiers, en leur lançant : « Je veux vos noms et vos immatriculations. J’ai l’intention d’en parler à mon ambassade ». Après cette sortie, la police a décidé finalement de le détenir.

Protestations sur les réseaux sociaux

Jugé le 4 octobre par le tribunal cantonal de Carthage, l’homme, mis en examen entre autres pour « acte sexuel », a finalement écopé de quatre mois et demi de prison ferme pour « atteinte à la pudeur », « refus d’obtempérer », « outrage à un fonctionnaire public » et « atteinte aux bonnes mœurs ».

La quadragénaire tunisienne a quant à elle été condamnée à trois mois de prison ferme pour « atteinte à la pudeur », « refus d’obtempérer » et « état d’ébriété sur la voie publique ». Les deux prévenus ont démenti les faits qui leur sont reprochés, reconnaissant seulement avoir bu deux bières et discuté ensemble dans la voiture près de la mer. Ils ont fait appel du jugement.

Leur sort a déclenché de nombreuses protestations sur les réseaux sociaux. « On ne nous laisse même pas l’amour et l’eau fraîche », ironisait ainsi sur Twitter Yamina Thabet, présidente de l’Association de soutien des minorités en Tunisie. De son côté, l’ambassade de France a indiqué qu’une visite consulaire était envisagée prochainement avec l’autorisation des autorités tunisiennes.