Mozambique : un maire en croisade contre la corruption tué par balles

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans les rues de Nampula, au Mozambique © A Verdade / Flickr / Creative Commons

Connu pour ses prises de position contre la corruption, Mahamudo Amurane, le maire de la troisième ville du Mozambique, Nampula (dans le nord du pays), a été tué par balle mercredi soir à son domicile.

Le maire Mahamudo Amurane a été « assassiné par un homme de grande taille qui a ouvert le feu à trois reprises sur lui lorsqu’il quittait son domicile privé », a indiqué à la presse Saide Ali, un élu du Conseil municipal.

L’annonce de son meurtre a provoqué des manifestations de colère jeudi dans plusieurs quartiers de Nampula. La police a même été contrainte de procéder à des tirs d’avertissement pour ramener le calme.

La guerre à la corruption

Élu en 2013, Mahamudo Amurane avait déclaré la guerre à la corruption, menaçant notamment de dénoncer les pratiques de certains fonctionnaires locaux.

« Il ne fait pas de doute que ça a fait de lui la cible d’attaques, même au sein de son propre parti, le Mouvement démocratique du Mozambique (MDM) », a déclaré jeudi l’ONG Amnesty International, qui a salué la mémoire de l’élu.

Un parti avec lequel Mahamudo Amurane avait coupé les ponts l’an dernier, pour annoncer qu’il briguerait, en tant qu’indépendant, un nouveau mandat à la tête de la municipalité lors des élections locales de 2018.

Un meurtre « lâche et honteux »

Devant la presse, le chef du MDM, Daviz Simango, a dénoncé le meurtre « brutal et sans raison du maire ». « Cet acte lâche et honteux constitue une menace pour la paix », a déploré l’évêque catholique de Nampula, Inacio Suale. L’ambassade des États-Unis à Maputo a pour sa part condamné un « acte détestable » et réclamé une enquête.

Le Mozambique occupe le 142e rang sur 176 dans le classement mondial annuel de perception de la corruption établi par l’ONG Transparency International.