Congo-Brazzaville : Denis Sassou Nguesso appelle les rebelles « Ninjas Nsiloulous » à déposer les armes

Par Jeune Afrique

Frédéric Bintsamou, alias Pasteur Ntumi, en décembre 2008 dans le Pool. © Vincent Fournier/J.A.

Le président congolais Denis Sassou Nguesso s’exprimait mardi 3 octobre à l’occasion d’une réunion avec des sages et notables du département du Pool, dans le sud du pays. Objectif de la rencontre : dégager des pistes de sortie de crise rallumée par la reprise de la rébellion menée par Frédéric Bintsamou, plus connu sous le nom de Pasteur Ntumi.

L’origine de la crise actuelle remonte à avril 2016, lorsque le Pasteur Ntumi reprend le maquis dans les forêts du Pool. Ancien chef rebelle à la tête des « Ninjas Nsiloulous » lors de la guerre civile, il s’était rapproché du président Sassou à partir de 2003, pour devenir l’un de ses conseillers. Mais le vent tourne à l’occasion des élections présidentielles de 2016, lorsque Frédéric Bintsamou décide de se rallier à la candidature de Guy Brice Parfait Kolélas, rival du chef de l’État. Accusé par Brazzaville d’avoir fomenté des violences dans la capitale, il prend alors la poudre d’escampette pour rejoindre ses soutiens.

« Personne ne sera tué »

Lors de sa déclaration, relatée par le journal Les dépêches de Brazzaville, le président congolais a nié la dimension politique de la rébellion, en prenant pour exemple le cas de son rival Guy Brice Parfait Kolélas. « Ce dernier vaque tranquillement à ses occupations, a-t-il déclaré. Il siège à l’Assemblée nationale. Je me demande donc la motivation profonde qui justifie le retranchement de Ntumi et le basculement dans la violence aveugle. »

Pour sortir de la crise, le président a invité les Ninjas à sortir des forêts. « Personne ne sera tué, a-t-il assuré. C’est la parole du père de la Nation. D’ailleurs, notre Constitution interdit la peine de mort. » Il a également exhorté les Ninjas à rendre leurs armes, qui seront rachetés par les autorités, pour permettre leur réinsertion sociale.

Il y a urgence. D’après un rapport rendu public fin juin par les ministères congolais des Affaires sociales et de la Santé et les agences des Nations unies, près d’un tiers de la population du Pool – soit 81 000 personnes – a dû fuir les exactions des miliciens et leurs affrontements avec les forces de l’ordre.

 

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