« Il leur faut d’abord se débarrasser des cadavres » : la déclaration de Boris Johnson sur la Libye ne passe pas

Par Jeune Afrique avec AFP

Le ministre des affaires étrangères britannique, Boris Johnson. © Peter Byrne/AP/SIPA

Le ministre des Affaires étrangères britannique Boris Johnson se trouvait sous le feu des critiques mardi après avoir déclaré que la Libye pourrait devenir attractive pour les touristes et les investisseurs si toutefois elle parvenait à "se débarrasser des cadavres".

Boris Johnson, qui s’est rendu en août en Libye, pays en proie au chaos et livré aux milices depuis la chute et la mort de Mouammar Kadhafi en 2011, a affirmé que des entreprises britanniques voulaient investir dans la ville de Syrte. « Elles ont la vision brillante de faire de Syrte le prochain Dubaï », a-t-il déclaré lors du congrès annuel des conservateurs à Manchester, mettant en avant le « sable blanc, la beauté de la mer » et les « jeunes habitants brillants » de la ville. « La seule chose qu’ils ont à faire est de se débarrasser des cadavres », a-t-il ajouté avant de rire.

La carrière politique de Boris Johnson a été marquée par ses propos polémiques et sa personnalité controversée qui a séduit des électeurs mais aussi braqué ses détracteurs. Ses commentaires sur Syrte, où le groupe État islamique a été vaincu en décembre, ont été vivement critiqués par Emily Thornberry, en charge des Affaires étrangères dans l’opposition. « Parler de ces morts comme d’une plaisanterie – comme d’un simple désagrément avant que les investisseurs britanniques ne transforment la ville en station balnéaire – est incroyablement grossier, impitoyable et cruel », a déclaré l’élue travailliste.

« Ce commentaire incroyablement grossier (…) est une nouvelle preuve que Boris n’est pas fait pour ce poste. Theresa May doit remettre de l’ordre dans le gouvernement et le renvoyer », a pour sa part déclaré la députée du parti Libéral-Démocrate Jo Swinson.

Boris Johnson a répondu à ces critiques sur Twitter, accusant des personnes « sans connaissance sur la Libye » de « jouer politiquement avec la réalité terriblement dangereuse de Syrte ».

« La réalité, c’est que le nettoyage des cadavres des combattants de Daesh a été compliqué par les engins explosifs », a-t-il poursuivi. « C’est pourquoi la Grande-Bretagne joue un rôle clé dans la reconstruction de la Libye où je me suis rendu deux fois cette année », a ajouté le ministre dans un autre tweet.

En octobre 2016, il s’était déjà fait remarquer en qualifiant le continent africain de « pays » lors d’un discours d’une convention du parti conservateur à Birmingham. « L’espérance de vie est montée d’un cran en Afrique, le pays faisant désormais partie du système économique mondial. En 2000, il y a tout juste 16 ans, l’espérance de vie d’un Éthiopien était de 47 ans, maintenant il vit jusqu’à 64 ans », avait-il déclaré. Venant d’un ministre des affaires étrangères, l’erreur avait été moyennement appréciée.

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