Maroc : saisie record de 2,5 tonnes de cocaïne brute, dix personnes arrêtées selon la DGSN

Par Jeune Afrique avec AFP

Les trafiquants sud-américains ont investi le continent africain pour faire remonter la poudre blanche jusqu’en Europe. © Francois Mori/AP/SIPA

Les autorités marocaines ont annoncé mardi avoir saisi environ 2,5 tonnes de cocaïne brute et interpellé dix personnes soupçonnées d'appartenir à un réseau international de trafic de drogue.

Une centaine de kilos de haschisch, des comprimés psychotropes et de l’argent liquide en euros et dirhams marocains, pour un montant d’environ 400 000 euros.
C’est une saisie record pour les forces de sécurité marocaines. Selon un communiqué de la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) les opérations ont été menées lundi sur plusieurs sites. Une partie de la drogue a été trouvée dissimulée dans un véhicule immatriculé à l’étranger, le reste entreposé dans deux fermes sur la route côtière entre Rabat et Casablanca ainsi que sur un site non précisé à Nador (nord).

« Les premiers éléments de l’enquête indiquent que (…) ce réseau criminel dispose de ramifications dans plusieurs villes marocaines », précise le communiqué de la DGSN.
Les suspects ont été placés en garde à vue et les enquêteurs s’emploient à « déterminer leurs liens avec d’autres réseaux de trafic de drogue sur le plan international ».

Les trafiquants sud-américains ont investi le continent

À la fin de l’année 2016, les forces de police marocaines avaient réalisé deux autres importantes saisies : celle de 250 kg dans un laboratoire de transformation de cocaïne à Oujda, où deux Péruviens avaient été arrêtés ; ainsi que l’impressionnante découverte de 1 230 kg de poudre, pour une valeur marchande estimée à plus de 100 millions d’euros, à bord d’un navire à Dakhla.

Face à l’importance du trafic, la première antenne de l’agence anti-drogue américaine (la DEA) sur le continent africain a ouvert à Rabat en février 2017.

La dernière décennie a vu se développer différentes routes de trafic de cocaïne à destination de l’Europe, en provenance d’Amérique centrale, le plus souvent via différents pays ouest-africains puis l’Afrique du Nord, selon un récent rapport de l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime. Même si les quantités qui transitent par la région restent marginales à l’échelle mondiale selon ce rapport.

Depuis plusieurs années déjà, les trafiquants sud-américains ont investi le continent africain pour faire remonter la poudre blanche jusqu’en Europe. Des « mules » en provenance d’Afrique de l’Ouest, qui transportent la drogue dans leurs bagages ou leur estomac, sont ainsi régulièrement arrêtées à l’aéroport international de Casablanca.