Mondial 2018 – Qualifications : une cinquième journée décisive pour les équipes africaines

Le joueur tunisien Aymen Abdennour lors d'un match contre le Burkina Faso pendant la CAN 2017. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Alors que la Tunisie, le Nigeria et l’Égypte pourraient se qualifier avant la fin des éliminatoires, de nombreuses sélections vont jouer très gros à l’occasion de cette cinquième journée. Certaines confrontations directes seront lourdes de conséquences, notamment pour la Côte d’Ivoire, le Maroc, le Gabon, le Sénégal ou le Burkina Faso.

Quelles sont les équipes africaines qui peuvent encore espérer se maintenir sur le long et difficile chemin menant à la Coup du Monde 2018 en Russie ? Si certaines semblent quasi assurées d’avoir leur billet pour Moscou en poche, d’autres sont sur le fil, et certaines sont déjà sur le point de basculer si bas dans le classement que toute remontée semble impossible. Tour d’horizon, groupe par groupe, des principaux enjeux des matches qui se joueront les 6, 7 et 8 octobre prochain, dont beaucoup pourraient bien être décisifs.


GROUPE A

La sélection nationale de RDC en Guinée équatoriale pour la CAN de football, le 21 janvier 2015. © Themba Hadebe/AP/SIPA

7 octobre : Guinée-Tunisie et Libye-RD Congo

En prenant quatre points aux Congolais lors de troisième et quatrième journées (2-1, 2-2), les Aigles de Carthage ont placé la barre très haut, alors qu’il ne reste que deux matches à disputer. Un succès ou un match de la Tunisie à Conakry et une défaite de la RD Congo contre la Libye à Monastir enverrait les Nord-Africains en Russie avant même le dénouement du groupe.

Pour l’ancien gardien de but camerounais Thomas Nkono, les Tunisiens ont sans doute fait le plus dur le mois dernier à Kinshasa (2-2). « Même si les équipes maghrébines ont traditionnellement des difficultés en Afrique subsaharienne, le fait que la Guinée soit éliminée devrasudit avoir un certain impact. Je pense que la RDC va battre la Libye et que la Tunisie fera match nul à Conakry », suppose l’entraîneur des gardiens de l’Espanyol Barcelone. « A mon avis, cela se jouera lors de la dernière journée. Je fais de la Tunisie le favori, car j’ai du mal à imaginer qu’elle échouera chez elle contre les Libyens. Mais on ne sait jamais ce qui peut arriver. »

En cas de défaite des joueurs de Nabil Maaloul et de succès de la RD Congo, la dernière journée serait décisive pour la qualification, laquelle pourrait se jouer à la différence de buts…


GROUPE B

Fashion Sakala, de l'équipe zambienne, lors d'un match face à l'Allemagne, le 31 mai 2017 en Corée. © Park Ji-ho/AP/SIPA

7 octobre : Nigeria-Zambie et Cameroun-Algérie

Au cas où il se débarrasse de la Zambie vendredi, le Nigeria se qualifiera pour sa sixième phase finale. A la lecture de son parcours quasi parfait dans ce groupe B, cette issue serait logique aux yeux de Thomas Nkono.

« Les Nigérians sont dans une excellente dynamique. Ils ont battu le Cameroun 4-0, en profitant des erreurs défensives des Lions. Ils ont des joueurs expérimentés, l’équipe joue plutôt et je pense qu’elle est supérieure à la Zambie. »

Les Super Eagles qui joueront à Uyo, où ils ont battu les Cameroun et l’Algérie (3-1) en novembre dernier, seront au complet pour accueillir les Chipolopolo, lesquels devront obligatoirement s’imposer pour garder une chance d’aller en Russie lors de la dernière journée. De leur côté, camerounais et algériens, déjà éliminés, s’affronteront à Yaoundé avec comme objectif de mieux terminer ces qualifications qu’ils les ont débutées…


GROUPE C

L'équipe nationale du Mali est la première à faire les frais du blocage de la situation au sein de la Femafoot. © Sunday Alamba/AP/SIPA

6 octobre : Mali-Côte d’Ivoire

7 octobre : Maroc-Gabon

Si elle avait eu la bonne idée de bien négocier son match face au Gabon à Bouaké, trois jours après avoir brillé à Libreville (3-0), la Côte d’Ivoire serait toute proche d’une quatrième qualification consécutive pour la Coupe du Monde. Seulement, les Éléphants ont non seulement perdu (1-2), mais ils ont relancé des Panthères qui n’en demandaient pas tant.

« J’ai l’impression que les Ivoiriens manquent de stabilité, de régularité. Ils ont du mal à aligner deux bons résultats de suite, alors que leur effectif est tout de même un des meilleurs d’Afrique », affirme Ali Fergani, l’ancien milieu de terrain puis sélectionneur de l’Algérie.

A Bamako, les champions d’Afrique 2015, privés de plusieurs joueurs (Seri, Gervinho, Bony, Doumbia, Gradel, Zaha, A. Traoré), n’auront pas droit à un deuxième joker, face à des Maliens quasiment éliminés. « Si elle joue sur sa valeur, elle doit s’imposer. » Un succès la placerait en ballotage favorable, à un mois d’une possible « finale » face au Maroc, le 6 novembre. « Les Marocains vont avoir beaucoup de pression, et ils devront se méfier du Gabon, toujours imprévisible, qui récupère Aubemeyang », intervient Thomas Nkono.

« A mon avis, les Lions de l’Atlas vont s’imposer sur une petite marge, mais j’ai tendance à penser que ce sont les Ivoiriens qui se qualifieront. Même s’ils ne sont pas très réguliers ces derniers mois, ils ont un calendrier un peu plus favorable que le Maroc. Cette qualification se jouera à très peu de choses. »


GROUPE D

Le Sénégalais Sadio Mané, drapeau national en main, lors d'un match face au Liberia en 2012. © Rebecca Blackwell/AP/SIPA

7 octobre : Cap Vert-Sénégal et Afrique du Sud-Burkina Faso

La décision de la FIFA de faire rejouer le match Afrique du Sud-Sénégal (2-1, le 12 novembre 2016) a ajouté un peu plus de suspens à un groupe déjà serré.

Ali Fergani est convaincu d’une chose : la qualification se jouera entre le Burkina Faso, le Cap Vert et le Sénégal. « L’Afrique du Sud, j’ai du mal à y croire. Elle ne décolle pas, elle déçoit. Je pense que le Burkina Faso, qui ne cesse de progresser depuis plusieurs années, ramènera au moins un point de Johannesburg », assure Fergani.

Pendant ce temps, le Cap Vert, reboosté par ses deux derniers succès face aux Bafana-bafana (2-1, 2-1) pourrait mettre tout le monde d’accord en cas de succès contre le Sénégal. « Les Sénégalais sont les favoris du groupe, car ils disposent des meilleures individualités, avec Mané, Keita, Gueye ou Sow. Mais ils ne gagnent pas de titres et ils n’ont pris que cinq points en quatre matches. Le Sénégal a encore trois matches à jouer. C’est un avantage sur le papier. Un match nul au Cap Vert serait un minimum. J’ai du mal à imaginer les Lions perdre, mais les Cap Verdiens peuvent très bien être la grosse surprise de ce groupe. »

La FIFA a annoncé mercredi que le match entre l’Afrique du Sud et le Sénégal sera rejoué le 10 novembre prochain, trois jours après les retrouvailles entre les deux sélections à Dakar. Les quatre équipes du groupe peuvent encore se qualifier…


GROUPE E

Ahmed Fathy (Égypte) aux prises avec Fayouk Miya (Ouganda), lors du match du 5 septembre 2017 pour les qualifications au Mondial 2018. © Nariman El-Mofty/AP/SIPA

7 octobre : Ouganda-Ghana

8 octobre : Egypte-Congo

Cela pourrait être un des évènements de cette cinquième journée. Le Ghana, présent lors des trois dernières phases finales, est au bord d’une élimination. Avec cinq points – quatre de retard sur l’Egypte, le leader – et un déplacement délicat à Kampala, où les Cranes sont quasiment invincibles, les Black Stars n’ont plus leur destin en mains. Pour croire à une qualification avant d’accueillir les Pharaons le 6 novembre, les Ghanéens devront s’imposer en Ouganda et miser au mieux sur un nul des Égyptiens face au Congo à Alexandrie.

Un scénario improbable, d’autant que James Kwesi Appiah, le sélectionneur, a décidé de se passer des frères André et Jordan Ayew.

« Sincèrement, je ne vois pas comment la qualification pourrait échapper à l’Égypte, même si les Ougandais peuvent créer une énorme surprise. Les Pharaons mériteraient d’aller en Russie, parce qu’ils sont réguliers, qu’ils disposent de quelques très bons joueurs, dont Mohamed Salah, et ce que ce pays représente en Afrique », énumère Ali Fergani.

Une liste qui ne reprend pas forcément la qualité du jeu proposé par les septuples champions d’Afrique, notamment lors de la dernière CAN au Gabon, lors de laquelle l’Égypte est parvenue en finale en pratiquant un football froid et calculateur.

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