Malawi : six « vampires » présumés lynchés à mort par la foule

Par Jeune Afrique avec AFP

Des Malawites rentrent chez eux à la fin de la journée de travail, le 23 mai 2016 à Machinga. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Soupçonnés d’avoir bu ou tenté de boire du sang humain lors de cérémonies de magie noire, six personnes ont été tuées le mois dernier par des groupes d’autodéfense.

Les lynchages sont survenus au cours de trois incidents distincts dans le district de Mulanje, dans le sud du pays, a précisé à l’AFP un porte-parole de la police malawite, James Kadadzera.  Lors du dernier incident en date, dimanche, deux personnes ont été battues à mort, car elles étaient « suspectées d’être des buveurs de sang », selon l’officier. Au cours d’un autre épisode violent, un chef local a été tué, accusé d’être complice de « buveurs de sang », a-t-il ajouté.

Une centaine de policiers ont été déployés pour ramener le calme dans la région. « Nous accusons ces populations locales d’avoir voulu se faire justice elles-mêmes », a déclaré James Kadadzera, « il n’existe aucune preuve de l’existence de ces buveurs de sang et personne ne s’en est plaint auprès de la police. »

Des rumeurs récurrentes

Reste que l’existence de vampires continue de faire l’objet de rumeurs et d’incidents récurrents au Malawi, où les croyances traditionnelles restent très ancrées dans la population. En 2003, un journaliste avait brièvement été arrêté par la police, pour avoir diffusé sur une radio un entretien avec un homme clamant que son village était visité par des vampires.

Dans les années 1970, le gouvernement de l’ex-dictateur Kamuzu Banda avait été accusé d’avoir tué des habitants d’un quartier populaire de Blantyre au motif qu’ils auraient vendu leur sang à l’Afrique du Sud voisine, alors sous le régime raciste de l’apartheid.

La réaction américaine

À la suite de ces récents incidents, l’ambassade des États-Unis au Malawi a ordonné à une équipe de volontaires du Peace Corps américain de quitter le district de Mulanje.

Elle a également interdit jusqu’à nouvel ordre à ses diplomates de s’y rendre « en raison d’actes d’autodéfense motivés par des rumeurs sur la présence de personnes tentant de boire le sang d’habitants pour des motifs rituels », selon un communiqué.