Force antijihadiste : la Mauritanie exhorte les partenaires du G5 Sahel à participer au financement

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats maliens dans le nord du pays, en février 2017. © Pascal Guyot/AP/SIPA

La Mauritanie a appelé lundi 2 octobre les partenaires du G5 Sahel (Burkina Faso, Mali, Mauritanie, Niger, Tchad) à appuyer financièrement la création de cette force antijihadiste, en quête de fonds pour son déploiement.

« Je saisis cette occasion pour exhorter nos partenaires bilatéraux et multilatéraux à apporter leur appui à la force conjointe du G5 Sahel », a déclaré Khadijetou Mbareck Fall, ministre déléguée mauritanienne chargée du Maghreb arabe, lors d’une réunion de deux jours de pays du pourtour méditerranéen.

Environ 100 millions promis sur 423 jugés nécessaires

Le 9 septembre à Sévaré, dans le centre du Mali, le président malien Ibrahim Boubacar Keïta a inauguré le poste de commandement central de cette force conjointe, qui doit compter à terme 5 000 hommes . Si les premières unités doivent être déployées en octobre, tous les bataillons devraient être opérationnels en mars 2018.

Les dirigeants des pays du G5 Sahel ont acté le 2 juillet à Bamako la constitution de cette force. Mais son financement est loin d’être bouclé. Quelque 100 millions d’euros ont, pour l’heure, été promis, alors que le coût de son fonctionnement a été estimé à 423 millions sur un an. Un chiffre qui pourrait fortement être revu à la baisse, selon des diplomates.

Les États-Unis réticents

Car si la force G5 a été adoubée par le Conseil de sécurité, la possibilité d’une aide internationale à son financement n’a pas été ouverte par l’ONU. C’est ce qu’espère obtenir la France, notamment auprès d’Américains très réticents à augmenter les dépenses de l’ONU dans les opérations de paix.

« Cette menace terroriste nous concerne tous », a insisté lundi l’ambassadeur français à l’ONU, François Delattre. Avant d’annoncer que le Conseil de sécurité de l’ONU se rendra « du 19 au 23 octobre en Mauritanie, au Mali et au Burkina Faso » au moment où la force G5 Sahel commencera ses opérations, et alors que la France assurera en octobre la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU.

« La force conjointe G5 Sahel est l’outil approprié pour compléter la mission Minusma » de l’ONU au Mali, a encore insisté l’ambassadeur français.