Maroc : l’inertie bureaucratique a freiné le développement d’Al Hoceïma, selon un audit remis au roi

Le roi du Maroc Mohammed VI lors d'une visite officielle en République tchèque, à Prague, le 21 mars 2016. © Michal Dolezal/AP/SIPA

Mohammed VI a reçu ce lundi le rapport d'audit qu'il avait demandé sur l'exécution du programme de développement de cette ville. Verdict : il n’y a pas eu de malversation ou de fraude, mais par contre d'énormes retards dans la mise en œuvre.

Le roi du Maroc a reçu, ce lundi 2 octobre, les conclusions des rapports d’audit qu’il avait demandés à son gouvernement en juin dernier pour déterminer les raisons des retards de l’exécution des projets de développement dans la région d’Al Hoceïma, épicentre d’un mouvement de contestation populaire qui dure depuis octobre 2016.

Deux jours après son retour de Paris où il avait été opéré à l’œil, Mohammed VI a reçu, au Palais royal de Rabat, le chef du gouvernement Saadeddine El Othmani, le ministre de l’Intérieur Abdelouafi Laftit, le ministre de l’Économie et des finances Mohamed Boussaid et le Premier président de la Cour des comptes, Driss Jettou.

Inertie bureaucratique

Ordre du jour : le point sur l’exécution du programme de développement régional « Al Hoceïma Manarat Al Moutawassit » (Al Hoceïma, phare de la Méditerranée), qui avait été lancé par le roi en octobre 2015 mais dont une large partie est restée sur le papier.

C’est donc établi. L’audition des responsables de ce programme, y compris ceux qui ne sont plus en poste, a démontré que l‘origine de ces retards est en somme bureaucratique. Il y a bien eu retard, comme l’ont signalé ces rapports d’audit, voire non-exécution de plusieurs composantes de ce programme de développement. Mais pas de malversation ou de fraudes.

Pour s’en assurer, le roi du Maroc a demandé à la Cour des comptes de faire ses propres investigations – elle est habilitée à évaluer l’exécution des projets publics – et de lui remettre un rapport dans un délai de 10 jours. 

SOS Al Hoceïma

La colère du roi, exprimée lors d’un conseil des ministres en juin dernier, a déclenché un véritable état d’alerte dans les ministères concernés. Le gouvernement a tout de suite constitué des missions d’inspection pour déterminer les origines du blocage de ce projet de 600 millions d’euros, censé désenclaver cette région historiquement frondeuse et en faire un véritable pôle économique.

C’est à travers ce projet que l’État marocain entend répondre aux contestations des Rifains qui ont abouti à des centaines d’arrestations – les ONG estiment que près de 300 personnes ont été incarcérées entre Al Hoceïma et Casablanca-. Rabat affirme que son projet de développement répondait à 90% de ces revendications et qu’il sera « achevé dans les délais ».