Cacao : la Côte d’Ivoire maintient le prix d’achat garanti aux producteurs à 700 FCFA par kilo

Par - À Abidjan

Unité de transformation du Cacao dans l'usine de Choco Ivoire à San Pedro, dans le sud-ouest de la Côte d'Ivoire, en mars 2016. © Jacques Torregano pour JA

L'État ivoirien a annoncé ce 1er octobre avoir fixé le prix du kilogramme de fèves de cacao à 700 francs CFA pour la saison 2017-2018. L'annonce a été retardée de quelques jours pour permettre au président ivoirien de négocier avec son homologue ghanéen au sujet d'une éventuelle réduction de l'écart de prix des fèves entre les deux pays.

Yves Brahima Kone, le directeur général du Conseil du Café Cacao (CCC), l’organe ivoirien de régulation du secteur, a annoncé que le prix bord champ par kilogramme de fèves est fixé à 700 francs CFA pour la première partie de la campagne de commercialisation de la récolte du cacao de la saison 2017-2018, qui a débuté le 1er octobre dernier et qui s’achèvera le 30 mars prochain.

Il s’agit du même prix que celui de la deuxième partie de la campagne 2016-2017, qui a pris fin le 30 septembre.

Ce prix a fait l’objet d’intenses négociations, d’abord avec les multinationales du cacao : l’État souhaitait que les exportateurs fassent un effort, compte tenu de la situation dans la filière cacao, en renonçant à une partie de leurs marge via des ajustements sur le barème et le différentiel, des variables qui influent sur le calcul du prix.

Mais face au refus des exportateurs syndiqués au sein du groupement des exportateurs de Côte d’Ivoire (GEPEX), le gouvernement a dû accepter de ne pas toucher à ces variables.

Lobbying auprès du Ghana

Le chef de l’État Alassane Ouattara a également dû faire du lobbying auprès de son homologue ghanéen Nana Akufo-Addo, qu’il a appelé, jeudi 27 septembre, pour tenter de réduire l’écart de prix des fèves entre les deux voisins : le Ghana, deuxième producteur mondial derrière la Côte d’Ivoire, prévoit de fixer son prix à plus de 1 000 francs CFA par kilogramme de fèves. Un souci pour les ivoiriens, qui craignent une fuite d’environ 400 000 tonnes de la récolte du pays vers le Ghana.

Les négociations entre les deux pays, dont l’issue n’a pas encore fait l’objet d’une annonce officielle, ont retardé l’annonce du prix bord champs ivoirien, qui devait intervenir mercredi 27 septembre, lors du traditionnel conseil de ministres précédant l’ouverture de la saison.

Campagne cruciale

Pour le CCC, la campagne 2017-2018 sera l’une des plus cruciale depuis l’année de la réforme du secteur intervenue en 2012. La chute vertigineuse des cours fin 2016 couplée aux problèmes de gouvernance ayant favorisés des spéculations ont mis le Conseil Café Cacao en difficulté, avec des pertes sèches dont le montant n’est pas encore officiellement déterminé.

Ces problèmes ont asséché les finances et les fonds de stabilisation du CCC dans les banques commerciales pour un montant de près de 300 milliards de francs CFA, contraignant l’État à opérer des coupes budgétaires.

Spéculation

« Certains de nos opérateurs ont spéculé sur les marchés et ont fait défaut. Cela est regrettable et les quantités concernées ont été revendues avec des pertes pour le CCC », reconnaît pour la première fois Lambert Kouassi Konan le président du CCC.

Pour la campagne écoulée, malgré la chute des cours, la production ivoirienne a dépassé les 2,015 millions de tonnes de fèves, soit une hausse de plus de 400 000 tonnes par rapport à la saison 2015-2016.

Le revenu des paysans s’est élevé à 2013 milliards francs CFA pour la campagne 2016-2017, contre 1565 milliards de francs CFA pour la campagne de l’année précédente. Un chiffre élevé dû au volume important de la récolte.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici