Cinéma : la Marocaine Nadia Kounda remporte le prix de la meilleure actrice au festival d’El-Gouna

Par - envoyé spécial à El-Gouna

Les acteurs du film Sheikh Jackson le 22 septembre à El Gouna, en Egypte, pour le festival du film. © Nariman El-Mofty/AP/SIPA

Le premier festival du film d'El-Gouna, organisé par le milliardaire égyptien Naguib Sawiris, a fermé ses portes le 29 septembre. Revue de détail d’un palmarès très éclectique.

La petite Croisette d’El-Gouna, station balnéaire crée de toute pièce sur la mer Rouge il y a 30 ans par Samih Sawiris, va pouvoir retrouver son calme relatif. Les dix jours de festivités, parfois délirantes, organisées par son frère, Naguib, se sont terminées. Le palmarès de cette ambitieuse première édition est à son image : très éclectique.

Le grand vainqueur du festival (Étoile d’or du long-métrage de fiction), Scary mother, est un film géorgien d’une jeune réalisatrice, Ana Urushadze. Il raconte l’histoire d’une mère qui s’échappe de son rôle familial par sa passion pour l’écriture.

En deuxième position (argent) de ce palmarès pléthorique, The Insult, du Libanais Ziad Doueiri. Ce choix est politiquement audacieux puisque ce dernier interroge notamment l’automatisme de la solidarité avec les réfugiés palestiniens dans son pays. En recevant son prix, le réalisateur a remercié le jury pour un prix «qui l’aide à surmonter les accusations» dont il est l’objet.

I am not  your negro meilleur documentaire

Cette reconnaissance rend toutefois plus difficile à comprendre l’attribution du meilleur prix du film arabe à l’Égyptien Photocopy de Tamer Ashry, fable maladroite sur le temps qui passe.

Le cinéma marocain a pour sa part été récompensé avec la victoire de Nadia Kounda dans la catégorie meilleure actrice, pour son rôle dans Volubilis de Faouzi Bensaidi. Elle y joue une jeune femme de ménage, qui malgré son mariage, ne va pas pouvoir vivre son amour.

I am not your negro, excellent film de l’Haïtien Raoul Peck sur l’écrivain afro-américain James Baldwin, remporte pour sa part le prix du meilleur documentaire. Il s’agit d’une réflexion profonde sur la condition noire aux Etats-Unis a partir du destin tragique de Martin Luther King, Malcom X et Medgar Evers.

A noter enfin, l’attribution de l’étoile de bronze du meilleur court-métrage au film franco-belgo-sénégalais Mama Bobo de Robin Andelfinger et Ibrahima Seydi.