Épidémie de peste à Madagascar : le bilan s’alourdit

Par Jeune Afrique avec AFP

Des femmes nettoient le linge dans une rivière à Antananarivo, en octobre 2013. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Endémique à Madagascar, la peste est responsable du décès de 19 personnes ces deux derniers mois, selon un dernier bilan communiqué jeudi par le ministère de la Santé.

« Nous avons enregistré 104 cas suspects de peste, dont 19 décès dans tout Madagascar », a annoncé le ministre de la Santé, le professeur Mamy Lalatiana Andriamanarivo. Soit une augmentation substantielle du nombre de décès depuis le précédent bilan officiel de l’épidémie, communiqué mi-septembre, qui faisait alors état de cinq morts.

« Cette année, la saison pesteuse a commencé assez tôt et de manière brutale », a souligné le ministre. Alors que la peste se manifeste généralement d’octobre à mars dans la Grande Île, le premier décès a été enregistré le 28 août. Après avoir contracté la maladie à Ankazobe, dans le centre du pays, le malade est mort dans un taxi-brousse à Moramanga alors qu’il tentait de rejoindre Tamatave, une localité située sur la côte est.

Mouvement de panique

Chemin faisant, il a contaminé deux passagers, décédés début septembre. Une succession de cas à l’origine d’un mouvement de panique, surtout à Tamatave, qui n’a pas connu la peste depuis cent ans, selon le ministère. Les pharmacies de la ville ont d’ailleurs été prises d’assaut par les habitants.

Avec deux décès, la capitale malgache, Antananarivo, n’est pas épargnée. Parmi les victimes, « une petite fille qui venait d’assister à un famadihana (tradition malgache de retournement des morts) à Fianarantsoa (centre) », a indiqué le ministère.

La peste réapparaît presque chaque année à Madagascar depuis 1980, à la faveur de la saison des pluies, de la tradition de « retournement des morts » et de la recrudescence des feux de brousse, selon le ministère. Développée chez les rats, puis véhiculée par les puces, la bactérie de la peste peut être foudroyante sous sa forme pneumonique – transmissible par la toux – en tuant son hôte en seulement 24 à 72 heures. Sa forme bubonique se soigne, si traitée à temps, avec des antibiotiques.