RDC : Katumbi veut faire appel à la rue si Kabila ne quitte pas le pouvoir avant la fin de l’année

Par Jeune Afrique avec AFP

Moïse Katumbi, dernier gouverneur du Katanga, dans le sud de la RDC, le 21 février 2015 à Lubumbashi. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Moïse Katumbi a menacé mardi de faire appel à la rue comme la Constitution l'y autorise si le président Joseph Kabila ne quitte pas le pouvoir et n'organise pas des élections d'ici au 31 décembre prochain en RDC.

« S’il n’y a pas élection, le président Kabila doit partir le 31 décembre. Et nous allons faire appel à la rue parce que la Constitution le permet », a déclaré Moïse Katumbi à la chaîne de télévision France 24.

Avant d’ajouter : « Si le président Kabila n’organise pas des élections au 31 décembre, il y aura une transition sans Kabila. Nous allons faire appel officiellement au peuple congolais pour chasser le président Kabila », a-t-il martelé. L’ex-gouverneur du Katanga et richissime homme d’affaires passé à l’opposition en septembre 2015 a argumenté sa menace en citant l’article 64 de la Constitution stipulant que « Tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l’exerce en violation des dispositions de la présente Constitution ».

« S’il décide de partir, le président Kabila va rester au pays »

« S’il part, je ne suis pas d’accord qu’on puisse poursuivre un ancien président et son entourage », a par ailleurs affirmé Moïse Katumbi. « S’il décide de partir, le président Kabila va rester au pays, il est sénateur à vie, et le président va continuer avec ses affaires », a encore précisé l’opposant.

Moïse Katumbi, qui vit entre la Belgique et la France après avoir été condamné à trois ans de prison dans une affaire immobilière – une affaire qualifiée par les évêques catholiques de « mascarade » dans un rapport confidentiel – a  de nouveau annoncé qu’il préparait son retour en RDC.

Le contexte politique de la RDC ne cesse de se tendre à mesure qu’approche l’ultimatum de l’opposition, qui réclame le départ de Joseph Kabila d’ici à la fin de cette année et l’organisation de la présidentielle avant le 31 décembre 2017, comme le prévoit un accord politique conclu le 31 décembre 2016.