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Côte d’Ivoire : un commissariat attaqué par des hommes en armes dans la commune d’Abobo, à Abidjan

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers ivoiriens, le 22 octobre 2015 à Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Schalk van Zuydam/AP/SIPA

Des hommes armés ont attaqué mardi un commissariat de police dans la commune populaire d'Abobo, dans le nord d'Abidjan, a-t-on appris de source sécuritaire. Ils se sont emparés d'armes, sans faire de blessés.

« Des individus armés ont attaqué le commissariat du 34e arrondissement à Abobo sans faire de dégâts corporels (pas de blessés). Ils ont mis les policiers en fuite. Ils se sont emparés d’armes », a affirmé une source sécuritaire sous couvert d’anonymat.

À proximité du commissariat, plusieurs témoins ont indiqué ne rien avoir remarqué. « On était là. On n’a pas entendu de coups de feu ni rien. C’est après qu’on nous a dit qu’il s’était passé quelque chose », a indiqué un homme, dont le commerce est situé en face du commissariat. « On nous a dit que des jeunes étaient venus en moto et se sont emparés des armes ».

Les pro-Gbagbo accusés par les autorités

Cette attaque vient s’ajouter à une liste qui ne cesse de l’allonger ces dernières semaines. Le 19 juillet, des hommes armés avaient pris d’assaut l’école de police d’Abidjan, dans la commune de Cocody, s’emparant d’armes avant une fusillade avec les forces de l’ordre pendant leur fuite qui avait fait un mort chez ces derniers à Yopougon. Au moins quatre autres attaques – moins importantes car sans blessés – avaient suivi : Azaguié (22 juillet), Fresco (29 juillet), Adzopé (4 août) et Songon (3 septembre).

Affirmant détenir des preuves, les autorités et le président Alassane Ouattara lui-même ont dénoncé l’action de « déstabilisateurs » en exil proches de l’ancien président Laurent Gbagbo, actuellement jugé par la CPI à La Haye. Ces derniers ont vigoureusement démenti, balayant des accusations « loufoques ».

Recrudescence de violences

En parallèle de ces attaques, trois évasions, dont deux spectaculaires, ont eu lieu au pénitencier de Katiola, où se sont évadés une centaine de détenus le 3 septembre dernier. Cinq jours plus tard, 20 prisonniers se faisaient la belle du palais de justice d’Abidjan, en plein centre de la capitale économique. Le 6 août, au moins cinq détenus s’étaient échappés du pénitencier de Gagnoa, dans le centre du pays.

Ces évasions surviennent après une série de mutineries d’anciens rebelles pro-Ouattara, intégrés dans l’armée après la crise post-électorale de 2011. Des mutineries qui ont ébranlé le pays en janvier et en mai dernier, notamment dans les deux principales villes : Abidjan et Bouaké.

Malgré cette recrudescence de violences, le président Ouattara s’est voulu rassurant, déclarant il y a dix jours : « Les récentes attaques (…) ne troublent pas notre sommeil. Nous travaillons à cela pour la sécurité des Ivoiriens ». Les forces de sécurité ont ainsi lancé une grande opération Épervier de sécurisation de Yopougon, troublé par une augmentation de la délinquance ces dernières semaines.