Côte d’Ivoire : les victimes du Probo Koala engagent une nouvelle action en justice aux Pays-Bas

Par Jeune Afrique avec AFP

Un site contaminé par les déchets déversés du Probo Koala dans le port d'Abidjan en 2006. © AFP

Plus de 100 000 victimes ivoiriennes du déversement de déchets toxiques par le cargo Probo Koala, à Abidjan en 2006, tenteront à nouveau, mercredi 27 septembre, de convaincre la justice néerlandaise de juger la société affréteuse Trafigura. Objectif : obliger cette dernières à verser des indemnités.

« Le juge de la Cour d’Amsterdam devra décider si la plainte de nos clients est recevable et si la justice néerlandaise est compétente pour juger la responsabilité de Trafigura dans la catastrophe du Probo Koala », a expliqué Bojan Dekker, avocat des victimes. Il y a plus de dix ans, en août 2006 à Abidjan, le déversement des déchets hautement toxiques du Probo Koala avait causé la mort de 17 personnes et des dizaines de milliers d’intoxications, selon la justice ivoirienne. Avant les faits, Amsterdam avait refusé que ce cargo immatriculé au Panama décharge sa cargaison.

Des victimes déjà déboutées

Il ne s’agit pas de la première procédure introduite par les victimes de la catastrophe environnementale contre la multinationale néerlandaise spécialisée dans le négoce des matières premières, notamment le pétrole. Regroupées au sein d’une association de droit néerlandais, elles avaient déjà été déboutées en novembre 2016. « Il ne peut être établi que la fondation représente réellement les victimes et combien elle en représente », avaient estimé les juges de la Cour d’Amsterdam, assurant que la plainte n’était pas crédible.

Trafigura, qui a toujours nié que le déversement ait provoqué décès et maladies graves, a ses quartiers généraux en Suisse mais est enregistrée aux Pays-Bas. Elle n’a jamais été condamnée pour le déversement alors que des accords à l’amiable ont été conclus en Grande-Bretagne et en Côte d’Ivoire.

Accord amiable avec la Côte d’Ivoire

En février 2007, Trafigura avait conclu un accord amiable avec l’État ivoirien qui arrêtait toute poursuite en contrepartie du versement d’une indemnisation globale de plus de 100 milliards de FCFA, soit 152 millions d’euros. En septembre 2009, dans le cadre d’une affaire en Grande-Bretagne, Trafigura a par ailleurs versé l’équivalent de 33 millions d’euros pour quelque 30 000 victimes.

En 2011, la justice néerlandaise avait rejeté une requête de l’association écologiste Greenpeace, qui souhaitait que Trafigura soit poursuivie aux Pays-Bas pour les faits commis en Côte d’Ivoire. La Cour avait indiqué qu’aucune des victimes ne résidait aux Pays-Bas et que les faits reprochés s’étaient produits hors des Pays-Bas.

Cette fois-ci également, il est probable selon les médias néerlandais que la plainte ne soit pas déclarée recevable. La décision de la Cour d’Amsterdam ne sera pas donnée « avant six semaines », selon leur avocat, Bojan Dekker.

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