Crise du Golfe : l’émir du Qatar clôt une vaste tournée diplomatique à la recherche de soutiens pour son pays

Par Jeune Afrique avec AFP

L'émir du Qatar, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, le 3 août 2015 à Doha. © Brendan Smialowski/AP/SIPA

Après avoir été en Turquie, en Allemagne, en France et aux États-Unis, Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani est rentré à Doha dimanche, dans un contexte difficile pour le petit émirat du Golfe.

Des milliers de Qataris sont descendus dans les rues de la capitale Doha le 24 septembre pour accueillir leur émir, de retour dans le pays après une tournée à l’étranger sur fond de crise aiguë dans le Golfe. Cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani a été salué par une foule nombreuse alors que son convoi traversait Doha.

Il revenait d’une tournée qui l’a amené en Turquie, en France, en Allemagne et aux États-Unis, où il a fait un discours à l’Assemblée générale de l’ONU. Il s’agissait de son premier déplacement à l’étranger depuis que son pays est soumis à un boycott de plusieurs pays.

Le jeudi 14 septembre, l’émir du Qatar a été reçu par le président Recep Tayyip Erdogan qui l’a assuré de son soutien. Depuis le début de l’embargo contre le Qatar en juin 2017, Ankara soutient vigoureusement le petit émirat, notamment sur le plan alimentaire et commercial. En trois mois, les exportations turques envers Doha ont augmenté de près de 84%.

Intense ballet diplomatique

Le 15 septembre, l’émir du Qatar a ensuite rencontré Angela Merkel. Soumis aux sanctions saoudiennes, le Qatar cherche à montrer que ses relations avec les pays occidentaux n’ont pas été altérées. À l’issue de son entretien avec la chancelière allemande, cette dernière a prôné « des négociations discrètes » entre le Qatar et l’Arabie saoudite et ses alliés pour résoudre la crise du Golfe et permettre à chacun de « sauver la face ».

Le même jour, Cheikh Tamim s’est envolé à Paris pour s’entretenir avec le président français, Emmanuel Macron. Avec ce dernier, il a réussi à avoir une petite victoire diplomatique. Au terme de sa rencontre avec l’émir qatari, le président français a demandé la levée « le plus rapidement possible » des « mesures d’embargo affectant les populations du Qatar ».

Le périple de l’émir du Qatar se poursuivra ensuite à l’assemblée générale de l’ONU à New York. Le mardi 19 septembre, à la tribune de cette assemblée, il a prononcé un discours dénonçant les sanctions prises à l’encontre de son pays. « Je suis ici alors que mon pays et mon peuple sont les victimes d’un blocus injuste imposé depuis le 5 juin par des pays voisins », a-t-il déclaré à la tribune de l’ONU, en soulignant que le Qatar ne se soumettrait pas à une tutelle qui lui serait imposée.

En marge de cette AG, il a rencontré le président américain, Donald Trump, qui lui a assuré que la crise du Golfe sera réglée rapidement. « Nous sommes actuellement en train d’essayer de régler un problème au Moyen-Orient et je pense que nous allons y arriver », a affirmé le président américain en qualifiant son interlocuteur « d’ami de longue date ».

Accusation de soutien au terrorisme

Le 5 juin, l’Arabie saoudite, les Émirats arabes unis, Bahreïn et l’Égypte rompaient leurs relations avec le Qatar en lui imposant des sanctions économiques avec un arrêt des liaisons aériennes, maritimes et terrestres. Ces pays l’accusent de soutenir des groupes islamistes radicaux, ce que Doha conteste.

 

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