RDC-Belgique : pourquoi l’entourage de Kabila veut blacklister Didier Reynders

Didier Reynders, le ministre belge des Affaires étrangères, le 16 juillet 2017 à Bruxelles. © Geert Vanden Wijngaert/AP/SIPA

En marge de la 72ème session de l'Assemblée générale des Nations unies, Joseph Kabila doit rencontrer ce vendredi Charles Michel, le Premier ministre belge. Un rendez-vous "en tête-à-tête", "loin de Didier Reynders", chef de la diplomatie de la Belgique, souligne l'entourage du chef de l'État congolais.

La rencontre entre les deux hommes est prévue ce vendredi 22 septembre à 18 heures TU à New-York. À la demande des autorités congolaises, Charles Michel, le Premier ministre belge, discutera « en tête-à-tête » avec Joseph Kabila, président de la RDC. « Loin de Didier Reynders », insiste un diplomate congolais qui accuse le chef de la diplomatie belge de rouler pour l’opposition congolaise.

« Par ses déclarations, Didier Reynders a récemment fait monter la tension autour de la réunion des Nations unies du 19 septembre sur la situation en RDC qui devrait, selon lui, évaluer l’accord politique du 31 décembre 2016 et envisager une transition sans Kabila au-delà de 2017 », poursuit ce proche de Joseph Kabila, présent dans la délégation congolaise à New-York.

Reynders, « ami de l’opposition congolaise » ?

Soixante-heures avant l’arrivée de Kabila à New-York, dans un communiqué publié dans cette même ville, les opposants Moïse Katumbi et Félix Tshisekedi ainsi que trois acteurs de la société civile avaient en effet plaidé en faveur d’une transition « conduite par des personnalités éminentes consensuelles chargées de préparer les élections démocratiques, libres, transparentes et paisibles qui ne sont possibles, selon les signataires de ce texte, ni avec M. Kabila ni avec la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) dans sa configuration actuelle ».

Pas question donc pour l’entourage de Kabila que leur champion rencontre Didier Reynders qui serait sur la même ligne que « ses amis de l’opposition congolaise ». Mais, côté belge, personne n’a voulu, pour l’instant, confirmer ou infirmer l’absence de Reynders à ce rendez-vous annoncé entre deux chefs de l’exécutif de deux pays.

Kabila-Michel, de quoi vont-ils parler ?

Côté congolais, à en croire notre source au sein de la présidence congolaise, Kabila profitera de son entretien avec Charles Michel pour tenter de « désamorcer la tension diplomatique entre la RDC et la Belgique ». Mais pas seulement. Car le chef de l’État congolais « va également demander à son interlocuteur de ramener à la raison Didier Reynders et Alexander De Croo [vice-Premier ministre belge et ministre de la Coopération au développement] qui, selon ce proche de Kabila, enveniment les relations entre les deux pays ».

Une source diplomatique belge indique par ailleurs que la Belgique reste attachée à l’accord de la Saint-Sylvestre et demande, à l’instar de toute l’Union européenne, que ce compromis politique soit appliqué de bonne foi. « C’est sûrement ce message-là que Charles Michel fera entendre à Joseph Kabila », explique-t-elle.

En marge de la 72ème session de l’Assemblée générale de l’ONU où il s’exprimera samedi, Kabila a également prévu d’autres rencontres avec des personnalités présentes à New-York. Son entourage confirme à Jeune Afrique les audiences avec Alpha Condé, président en exercice de l’Union africaine, Antonio Guterres, secrétaire général des Nations unies, Zeid Raad Al Hussein, haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme, et Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée de la question des violences sexuelles en période de conflit. Mais aussi avec Fatou Bensouda, la procureure de la CPI.

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