Côte d’Ivoire : l’Institut Pasteur d’Abidjan devient une banque de virus, base de la guerre contre les épidémies

Vue de la biobanque de l'Institut Pasteur de Côte d'Ivoire. © DR

L'Institut Pasteur de Côte d'Ivoire est depuis 2016 la biobanque de tous les pays de la Cedeao. Sous peu, il sera aussi un outil majeur de la lutte contre les diverses épidémies et un acteur africain de la bioéconomie.

Pas loin d’une centaine de chercheurs et de directeurs des Instituts Pasteur à travers le monde se sont pressés à Abidjan ces 20, 21 et 22 septembre pour une réunion du réseau international des Instituts. Si le rendez-vous a attiré du monde, c’est que le rôle de l’Institut d’Abidjan, crée en 1972, va grandissant.

La Côte d’Ivoire recevait depuis plusieurs années les « échantillons » de poliomyélite de toute la sous-région. Désormais, depuis 2016, l’Institut Pasteur à Abidjan joue le rôle de biobanque pour l’ensemble de la Cedeao, alors que la plupart des biobanques de pointe se trouvent dans les pays occidentaux. Il s’agit donc de l’unique station d’encapsulation d’ADN de virus du continent, qui permet de conserver des échantillons à température ambiante.

Recherche et business

Elle a coûté 2,5 milliards de francs CFA à l’État ivoirien. Mais, nous précise Mireille Dosso, directrice de l’Institut Pasteur et professeur de microbiologie à l’université à Abidjan, « une biobanque peut aussi avoir une activité économique », en plus du travail médical ou universitaire. L’Institut d’Abidjan a déjà reçu des demandes de différents pays asiatiques et occidentaux : « En zone tropicale, nous possédons des échantillons rares, recherchés par l’industrie pharmaceutique. Ne serait-ce que la vente de souches pour les vaccins peut nous aider à nous lancer dans la bioéconomie ».

Le Cepris jouxte la biobanque, le tout formant un « complexe scientifique pionnier sur le continent

La réunion des Instituts Pasteur à Abidjan portait aussi sur les possibilités du réseau face aux crises sanitaires infectieuses, comme les épidémies Ebola, Zika, de dengue ou de fièvre jaune. Et là encore, l’Institut de Côte d’Ivoire est appelé à jouer un rôle majeur. En décembre 2016, la construction du Centre d’études des pathogènes émergents à risques infectieux sévères (CEPRIS) a été lancée. Elle devrait s’achever fin 2018. Facture pour l’état ivoirien : 5,6 millions de francs CFA. Le Cepris jouxte la biobanque, le tout formant un « complexe scientifique pionnier sur le continent », se félicite encore Dosso. Le Centre est appelé à devenir un outil dans la lutte contre les épidémies et les crises sanitaires.

Vers le premier laboratoire P4 d’Afrique de l’Ouest

Il abritera notamment le premier laboratoire dit « P4 » pour « pathogène de classe 4 », d’Afrique de l’Ouest, « permettant notamment de manipuler les virus responsables de fièvres hémorragiques », nous dit un communiqué de l’Institut. Or la dengue, la fièvre jaune ou le virus Ebola sont des virus de ce type. C’est un laboratoire similaire à celui-ci qui en France, en mars 2014, avait confirmé la présence de l’espèce Zaïre du virus Ebola, initiant la mobilisation internationale.

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