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Kenya : Kenyatta accuse la Cour suprême de « coup d’État », la nouvelle élection finalement repoussée

Par Jeune Afrique avec AFP

Le Président Uhuru Kenyatta lors d'un meeting à Ongata Rongai, à quelques kilomètres de Nairobi, le 5 septembre 2017. © Ben Curtis/AP/SIPA

Le président Uhuru Kenyatta a accusé jeudi la Cour suprême d'avoir perpétré un "coup d'État" en invalidant sa réélection. Parallèlement à cette déclaration, la commission électorale, durement étrillée mercredi par la plus haute instance judiciaire du pays, a annoncé que la nouvelle élection, initialement prévue pour le 17 octobre, était repoussée au 26 octobre.

« Ici au Kenya nous avons écrit l’histoire, car un coup d’État a été mené par quatre personnes dans un tribunal », a déclaré ce jeudi 21 septembre Uhuru Kenyatta en référence au jugement rendu le 1er septembre par la Cour suprême, saisie par l’opposition, invalidant sa réélection lors du scrutin du 8 août.

Dans son intervention au palais présidentiel face à des dirigeants du nord du pays, il a estimé que le jugement de la Cour suprême a sapé la démocratie. Une décision qu’il a comparé aux coups d’État militaires menés dans d’autres pays du continent. « Le jugement de quelques personnes a réduit à néant les progrès réalisés au fil des ans », a-t-il ajouté.

Ces critiques virulentes surviennent au lendemain de la publication du jugement complet et détaillé de la Cour suprême, qui accable la Commission électorale pour sa gestion du scrutin. Elle lui reproche notamment d’avoir proclamé les résultats sur la foi de procès-verbaux à l’authenticité parfois « douteuse », et de ne pas avoir permis l’accès à ses serveurs informatiques pour vérifier des accusations de piratages informatiques.

La Cour suprême a précisé que ses reproches visent surtout la transmission des résultats et qu’elle n’a aucune raison de douter des opérations d’enregistrement des électeurs ou des opérations de vote le jour du scrutin, notamment. Elle a également rejeté une requête de l’opposition de poursuivre des responsables de l’IEBC, évoquant plutôt des « problèmes institutionnels systémiques ».

La nouvelle élection reportée au 26 octobre

Les attaques du camp présidentiel contre la Cour suprême ne faiblissent pas. Après l’annonce de la décision d’invalider sa réélection (54,27% des voix), Uhuru Kenyatta avait qualifié les juges d’ « escrocs » et promis de « régler » les problèmes existant selon lui dans le système judiciaire.

David Maraga, le président de la Cour suprême a dénoncé mardi les menaces formulées par des responsables politiques et leurs partisans à l’encontre de son institution. Il s’est également offusqué des manifestations » qui ont clairement pour but de d’intimider les juges ». Une centaine de partisans d’Uhuru Kenyatta s’étaient rassemblés mardi devant la Cour pour réclamer que leur favori puisse prêter serment pour un second mandat.

Alors que de nombreux doutes subsistaient sur la tenue de la nouvelle élections présidentielle le 17 octobre, la Commission électorale a annoncé jeudi qu’elle était finalement reportée au 26 octobre. L’institution a donné les raisons du report dans un communiqué : « Nous souhaitons informer le public (…) que la nouvelle élection présidentielle aura désormais lieu le jeudi 26 octobre afin que la Commission soit pleinement préparée à l’organisation d’une élection répondant aux standards définis par la Cour suprême. »