Madagascar : à cause du cyclone Enawo, la croissance 2017 se situera en-deçà des attentes

Par Jeune Afrique

Une maison endommagée par le cyclone Enawo à Sambava, dans le nord-est de Madagascar, le 8 mars 2017. © Manny Horsford/AP/SIPA

La dernière mission du FMI à Antananarivo a remarqué les efforts déployés par le gouvernement malgache pour redresser l'économie du pays. Cependant, les chocs climatiques subis cette année, et en particulier le passage du cyclone Enawo, ont laissé des traces.

Du 7 au 21 septembre, une mission du FMI dirigée par Marshall Mills s’est rendue à Madagascar, qui bénéficie depuis juillet 2016 d’un accord triennal au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC) – un mécanisme de prêt qui permet d’accompagner des programmes de manière soutenue à moyen et long terme, dans les cas de difficultés persistantes de balance de paiements. En l’occurrence, l’accord porte sur 304,7 millions de dollars (254,4 millions d’euros), et sa deuxième revue devrait être examinée par le conseil d’administration du FMI en décembre.

Si les économistes de l’institution internationale relèvent que la croissance 2017, qui devrait atteindre 4,1 %, est « l’une des plus élevées en Afrique subsaharienne », ils constatent que celle-ci sera « en-deçà des attentes ». Les précédentes estimations du FMI annonçaient de fait une croissance 4,5 %.

En cause, les chocs climatiques qui ont frappé la Grande Île, victime à la fois d’une sécheresse et du cyclone Enawo, qui a fait 78 morts et ravagé les cultures en mars 2017. Ces épisodes ont en outre causé une accélération de l’inflation, mais Marshall Mills a estimé dans son communiqué de fin de mission que celle-ci « devrait redescendre aux alentours de 8% d’ici à la fin de l’année et poursuivre sa baisse progressive en 2018 ».

Satisfecit général

Les experts du FMI ont délivré un satisfecit général aux autorités malgaches, soulignant le fait que « tous les critères de réalisation quantitatifs fixés pour fin juin » dans le cadre du programme appuyé par le FEC « ont été respectés », de même que « la plupart des réformes structurelles envisagées », même si l’institution relève quelques « retards pour certaines ».

Autres points positifs, la hausse de l’investissement public qui devrait permettre d’obtenir une croissance de 5,1 % en 2018, la gestion « adéquate » par la Banque centrale de Madagascar des « tensions liées au choc positif du prix de la vanille », ou encore les réformes en préparation de la politique et de l’administration fiscales.

Le dossier sur l’avenir d’Air Madagascar, dont 49 % du capital devrait être repris par le transporteur réunionnais Air Austral, a également été évoqué. Selon le FMI, « les discussions sur le partenariat stratégique pour [la compagnie aérienne] se poursuivent et la signature de l’accord final nécessitera un transfert conséquent pour couvrir les engagements liés aux pertes antérieures ».

Parmi les principales recommandations adressées aux décideurs, celle de poursuivre les réformes de la Jirama, la compagnie nationale d’eau et d’électricité, dont la gestion est régulièrement critiquée. Les experts du FMI ont enfin adressé leurs encouragements au gouvernement malgache pour la préparation d’un projet de loi pour la lutte contre le blanchiment d’argent, qui doit être soumis au Parlement d’ici la fin de l’année.

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