Libye : l’ONU dévoile sa feuille de route pour redonner un « avenir » au pays

Par Jeune Afrique avec AFP

L'émissaire de l'ONU pour la Libye Ghassan Salame, lors d'une conférence de presse en mars 2017. © Thein Zaw/AP/SIPA

L’émissaire de l’ONU pour la Libye, Ghassan Salamé, a présenté mercredi sa feuille de route, qui consiste en plusieurs étapes institutionnelles avant l’organisation d’élections générales dans le pays.

« Les Libyens ont trop souffert. Ils méritent la paix et de vivre en paix dans la démocratie et la prospérité », a déclaré le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, lors d’une réunion de haut niveau sur la Libye organisée en marge de l’Assemblée générale de l’institution, mercredi 21 septembre.

Celle-ci réunissait une dizaine de dirigeants des pays impliqués directement ou indirectement dans le casse-tête libyen. Parmi les participants figuraient des dirigeants européens, dont le Français Emmanuel Macron et l’Italien Paolo Gentiloni, en première ligne dans le dossier en raison de la crise migratoire et de la menace terroriste. Le président égyptien Abdel Fattah al Sissi, qui soutient l’homme fort de l’est libyen, le maréchal Haftar, était également présent. L’occasion pour l’émissaire de l’ONU, Ghassan Salamé, de présenter sa feuille de route, élaborée depuis sa prise de fonction en juillet au cours de multiples déplacements et rencontres sur le terrain.

Les Libyens « ont droit à un brillant avenir »

« La Libye a de grandes possibilités et ses citoyens ont droit à un brillant avenir », a-t-il déclaré en préambule de sa présentation. Pour l’émissaire onusien, les accords de Skhirat, signés fin 2015 sous l’égide de l’ONU, « restent le seul cadre valable ». « Mais il y a un large consensus pour les amender », a-t-il poursuivi, annonçant qu’il réunirait prochainement un comité chargé de modifier ces accords, qui ont abouti à l’installation à Tripoli d’un gouvernement reconnu internationalement, mais très faible politiquement.

Le Gouvernement d’entente nationale (GNA) dirigé par Fayez-al Sarraj – qui était présent à la réunion – peine en effet à établir son autorité et est contesté par un cabinet et un parlement rivaux dans l’est du pays, appuyés par le maréchal Haftar, à la tête d’une autoproclamée armée nationale du pays.

Une nouvelle Constitution soumise à référendum

Ghassan Salamé a ensuite annoncé, sans donner de date, l’organisation aux Nations unies d’une conférence nationale pour réintégrer tous les acteurs « ostracisés ou marginalisés » sur l’échiquier libyen. Selon son plan d’action, une nouvelle Constitution devrait être soumise à référendum d’ici un an et ouvrirait la voie à des élections générales dans le pays.

« Notre devoir est d’être unis derrière cette feuille de route », a déclaré le président français Emmanuel Macron, qui avait organisé en juillet une rencontre entre les frères ennemis libyens Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar. À l’image de l’initiative française, la plupart des pays ont jusqu’à présent joué cavalier seul et multiplié chacun les initiatives en Libye, mettant à mal la crédibilité onusienne.

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