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Guinée : manifestations à Conakry pour réclamer la tenue des élections locales

Par Jeune Afrique avec AFP

Des policiers guinéens dans les rues de Conakry, en octobre 2015. © Youssouf Bah/AP/SIPA

Des dizaines de milliers de manifestants ont défilé mercredi dans les rues de Conakry. Ils répondaient à l’appel des partis de l’opposition, qui réclament l’organisation d’élections locales. Les dernières en date remontent à douze ans.

Le cortège s’est achevé par un meeting sur l’esplanade du Stade du 28 septembre, le principal terrain sportif du pays. Là, le leader de l’Union des forces du changement, Aboubacar Sylla, s’en est vivement pris au président Alpha Condé, l’accusant « de faire preuve d’ignorance, d’amateurisme et d’incompétence », « en refusant d’organiser les élections ».

Douze ans après le dernier scrutin, des élections auraient dû avoir lieu en février en vertu d’un accord conclu en octobre 2016 dans le cadre du dialogue politique national entre le pouvoir, l’opposition, la société civile et les partenaires internationaux de la Guinée. Mais depuis, les discussions sur le calendrier patinent, suscitant l’ire de l’opposition.

« Alpha Condé est un incapable »

Sur les pancartes et les banderoles des manifestants, on pouvait ainsi lire : « Nous voulons des élections communales maintenant » ou encore « Alpha Condé est un incapable ». Autre grief des manifestants : la situation à Boké, une ville située à quelque 300 km au nord de la capitale, où les habitants protestent contre l’absence d’électricité depuis le début du mois. En l’espace de dix jours, les affrontements ont fait au moins deux morts et des dizaines de blessés.

« Les populations de Boké, les manifestants de Boké sont dans leur droit, ils ont droit aux services sociaux de base les plus élémentaires, l’eau et l’électricité, ils ont aussi droit à l’emploi », a déclaré Dembo Sylla, le responsable de l’Union pour la démocratie en Guinée (UDG).

À la fin de la manifestation, deux personnes ont été blessées par balles et ont dû être opérées d’urgence, a indiqué un médecin s’exprimant sous le couvert de l’anonymat.