RDC : découverte macabre dans les eaux du lac Édouard

Par Jeune Afrique avec AFP

Les personnes dont les corps ont été repêchés dans le lac Édouard se trouvaient sur une pirogue. Celle-ci a chaviré à cause du nombre trop important d'occupants. © Google Maps

Dix-sept corps ont été repêchés mardi dans les eaux du lac Édouard, dans l'Est, a-t-on appris d'un responsable local, selon qui il s'agit de personnes fuyant des combats entre l'armée congolaise et une milice.

« Mes services ont repêché dans les eaux du lac Édouard 17 corps de civils noyés alors qu’ils fuyaient les affrontements entre des Maï-Maï (ndlr: groupe d’auto-défense) et des militaires des Forces armées de la RDC », a déclaré à l’AFP Joy Bokele, administrateur du territoire de Lubero dans le Nord-Kivu.

« La pirogue qui avait chaviré avait embarqué entre 28 et 30 passagers, en majorité des femmes et des enfants », a témoigné Justin Kyamakya, 28 ans, « débarqué de la pirogue pour cause de surcharge ».

« Des violents combats », ayant fait sept morts, opposent depuis dimanche des soldats congolais aux miliciens Maï-Maï dans la localité de Kyavinyonge dans le territoire de Lubero, selon le lieutenant Jules Tshikudi, l’un des porte-parole de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu.

Affrontements dans la région depuis plus de vingt ans

Le territoire de Lubero est situé à 300 km au nord de Goma (capitale du Nord-Kivu), dans une zone où se trouvent plusieurs groupes armés congolais et étrangers qui s’y affrontent depuis plus de vingt ans.  Les Maï-Maï sont des groupes « d’autodéfense » constitués sur une base essentiellement ethnique. Pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003), nombre de ces groupes ont été armés par le pouvoir pour lutter contre des combattants ougandais ou rwandais. Certains n’ont jamais désarmé.

Depuis le début de l’année, ces miliciens attaquent régulièrement les positions de l’armée congolaise dans le Nord-Kivu et dans la province voisine du Sud-Kivu.