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Maroc : les six mesures chocs du ministre de l’Éducation, Mohamed Hassad

Mohamed Hassad, Ministre de l'Enseignement. © Alexandre Dupeyron pour JA

Le ministre marocain vient d'ouvrir une nouvelle page dans la vie de l'école publique. Et il est déterminé à réussir.

La touche Hassad commence à se faire sentir. À l’occasion d’une conférence de presse, lundi 18 septembre, le ministre de l’Éducation nationale a fait une rentrée en trombe en annonçant une série de mesures qui visent à réanimer une école publique en crise. Celui qui a longtemps officié à la tête du ministère de l’Intérieur veut employer la méthode forte dans le secteur de l’enseignement. Mais tout en ménageant ses nombreuses complexités.

Son objectif : réinstaurer la confiance dans un secteur qui absorbe 54 milliards de dirhams chaque année, le tiers du budget de l’État. Une méthode forte mâtinée de nationalisme, telle est la touche de celui qui a redressé nombre d’entreprises publiques au Maroc.

1- Retour à l’hymne national

Les enfants chanteront l’hymne national chaque début et fin de semaine. Le ministre entend restaurer le sentiment de fierté national chez les nouvelles générations et créer chez elles une prise de conscience de l’histoire et des enjeux de développement du royaume.

2- Réduction du nombre d’élèves par classe

Désormais, la moyenne nationale par classe sera de 25 élèves pour la première année primaire et 30 élèves par classe pour les autres niveaux, tous cycles confondus. Fini les classes archi-bondées et qui pouvaient contenir jusqu’à 60 élèves ! C’est l’n des principaux défis d’un méga-ministère qui supervise près de 7 millions d’élèves et dont les ressources n’ont pas tout le temps été bien gérées pour assurer un apprentissage à tous les enfants dans des conditions égales.

3- Recrutement de plus d’enseignants et amélioration des infrastructures

Cette année, le ministère a recruté 24 000 nouveaux enseignants afin de soutenir l’effort de désengorgement des classes et d’amélioration des contenus pédagogiques et 55 nouveaux établissements scolaires ont ouvert leurs portes. Sans compter plusieurs milliers d’écoles et d’internats qui ont été réhabilitées et modernisés.

Dans le secteur de la formation professionnelle, 27 nouvelles filières seront créées

Dans le secteur de la formation professionnelle, 27 nouvelles filières seront créées afin de renforcer les débouchés. Sont concernés les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique, de l’environnement, des énergies renouvelables et de l’industrie pharmaceutique.

4- L’âge de la scolarisation avancé

Ceux qui, dans les années 1980 et 1990, sont entrés à l’école publique à 7 ans, apprécieront cette nouveauté à sa juste valeur. Désormais, l’école primaire sera accessible à 5 ans et demi au lieu de 6. La mesure, déjà pratiquée dans le secteur privé, vise à permettre aux enfants de se familiariser plus tôt avec les milieux d’apprentissage. Mais aussi de se familiariser très tôt avec les nouvelles technologies.

5- Rendre public l’absentéisme des enseignants

Voilà une mesure qui va fâcher les enseignants adeptes de l’école buissonnière. Car toutes leurs absences seront quotidiennement notifiées sur la plateforme électronique du ministère, appelée Massar. Le ministre dit vouloir protéger les enseignants eux-même face à la mauvaise réputation que traîne une partie d’entre eux et qui nuit à l’image de l’école publique. « J’ai pris cette décision pour défendre les enseignants eux-mêmes. Car l’on dit souvent qu’ils s’absentent beaucoup, alors que les chiffres dont nous disposons attestent que 75 % d’entre eux sont toujours présents en classe », a-t-il expliqué.

6- Renforcement des langues étrangères

Le français sera enseigné au Maroc dès la première année du primaire et non au CE2 comme c’était l’usage jusque là. Oralement d’abord et ensuite à l’écrit. Car l’objectif est de permettre aux petits élèves de mener une discussion basique dans cette langue. Dans la même veine, l’enseignement de l’anglais se fera à partir de la troisième année du collège et non au lycée comme avant. Ces mesures font partie d’une révision plus globale des méthodes et des approches pédagogiques d’enseignement des langues arabe et française qui sera déclinée progressivement dans les prochaines années. « Après quatre ans passés à l’école primaire, la majorité des enfants marocains ne savent ni lire ni écrire », avait alerté le prédécesseur de Mohamed Hassad, Rachid Benmokhtar. Il y a urgence.