L’Égypte désormais plus attractive que l’Afrique du Sud : le top 10 des pays où investir selon Rand Merchant Bank

Par Jeune Afrique

Vue du Caire. © dalbera via VisualHunt.com / CC BY

Dans le classement annuel « Where to Invest in Africa » réalisé par la banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank, dont les résultats ont été publiés le 15 septembre, les places des deux premières nations ont été inversées, tandis que le Maroc reste numéro trois pour la troisième année consécutive.

« Le continent africain court au désastre s’il n’accompagne pas la diversification de son économie. » C’est le constat que dresse la banque d’affaires sud-africaine Rand Merchant Bank, qui a dévoilé, le 15 septembre, le top 10 de son classement « Where to Invest in Africa » (où investir en Afrique).

Un palmarès que la banque dresse chaque année depuis sept ans, à partir du PIB réel à parité de pouvoir d’achat, des prévisions de croissance et de l’environnement des affaires*.

Jusque-là dominé par l’Afrique du Sud, le classement consacre cette année l’Égypte, désormais destination la plus attractive du continent. Pretoria paye ainsi le prix de sept années de faible croissance et les inquiétudes grandissantes autour de sa gouvernance. L’Afrique du Sud conserve néanmoins des atouts : sa monnaie et ses marchés d’actions et de capitaux restent forts, alors que de nombreuses autres nations africaines sont confrontées à des crises de liquidités.

Le Maroc conserve sa troisième place pour la troisième année consécutive, grâce à un environnement qui s’est considérablement amélioré depuis 2010. Étonnamment, l’Éthiopie, pourtant en proie à une instabilité socio-politique, a devancé le Ghana à la quatrième place grâce à sa rapide croissance économique, qui l’amène à talonner le Kenya dans la course au titre de plus grosse économie d’Afrique de l’Est.

Réformes libérales

Le Kenya se cramponne à la 6e place du classement. Les investisseurs restent confiants dans ce pays, fort d’une structure économique diversifiée et d’une réglementation libérale. Une série de réformes libérales et sa politique de lutte contre la corruption ont également valu à la Tanzanie de gagner deux places, se classant désormais au 7e rang des destinations africaines pour les investissements.

Accra recule quant à elle à la cinquième place, principalement à cause du sentiment d’accroissement de la corruption et de dégradation de la liberté économique au Ghana. Le Rwanda, qui a mené l’une des plus rapides réformes économiques du monde, revient dans le top 10, qu’il avait quitté depuis deux ans. Le pays enregistre un taux de croissance confortable et s’emploie à diversifier son économie, comme l’avait relevé Jeune Afrique début septembre.

Rand Merchant Bank estime que la Tunisie, en 9e position, a fait de gros efforts pour améliorer son climat des affaires à travers des réformes structurelles, bien que le FMI ait un avis plus mitigé sur la question. Enfin, la Côte d’Ivoire, qui a perdu deux places par rapport au dernier classement, clôt le Top 10. Le climat des affaires y reste relativement compliqué, mais le pays a enregistré une forte progression des investissements étrangers, boostée par sa croissance qui est l’une des plus fortes du continent.

 Le Nigeria et l’Algérie, grands absents du classement

Le Nigeria et l’Algérie, durement touchés par la chute des cours du pétrole et une crise de liquidités, sont les grands absents de ce top 10 2018. Ils ont chuté respectivement de la 6e et la 10e place à la 13e et à la 15e place.

Manquent également le Botswana, l’Île Maurice et la Namibie, généralement considérés comme des destinations prisées des investisseurs. Selon les analystes de Rand Merchant Bank, cette absence s’explique en partie par la méthodologie employée, qui, en prenant le PIB dans les critères, fait la part belle aux territoires les plus grands. « Mais cela n’empêche pas le Ghana et le Rwanda d’apparaître dans le top 10 des pays africains », notent-ils.

Confiants dans la pertinence de leur palmarès, les auteurs du classement précisent tout de même que celui-ci « ne donne qu’un aperçu global de l’attractivité de chaque pays » et conseillent « à chaque entreprise de se pencher sur les facteurs les plus critiques pour son secteur d’activité ». Ainsi, les miniers se concentreront plutôt sur les infrastructures et la corruption, sans accorder trop d’importance à la taille du marché.

*Mesuré avec le classement Doing Business publié par la Banque mondiale, l’indice de liberté économique créé par la Fondation Heritage et le Wall Street Journal, le classement sur la compétitivité mondiale des économies publié par le World Economic Forum (WEF) et l’indice de perception de la corruption élaboré par l’ONG Transparency International.

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