GuptaLeaks : démissions en cascade à la direction de KPMG Afrique du sud

Manifestants à Pretoria, le 4 avril, après le limogeage du ministre des Finances, Pravin Gordhan. © AP/SIPA

Une partie de l'équipe dirigeante de la division sud-africaine de KPMG a démissionné, vendredi 15 septembre, à la suite de la publication des résultats d'une enquête interne sur le travail réalisé par le cabinet d'audit pour le compte de la famille Gupta et de l'administration fiscale sud-africaine.

Le travail réalisé pour le compte des entreprises des Gupta « est largement en deçà des standards de KPMG », a annoncé le cabinet d’audit dans un communiqué. Si l’enquête interne n’a apporté aucune preuve de crime ou de corruption, elle a conduit le cabinet à reconnaître des fautes, notamment dans une mission pour le compte du South Africa’s Revenue Service, l’administration fiscale du pays. Le rapport de fin de mission avait ainsi prétendu que l’ex-ministre des finances Pravin Gordhan était ou aurait dû être au courant de l’existence d’une officine d’espionnage au sein de l’institution qu’il dirigeait. Un rapport qui lui avait coûté son poste de ministre.

À la suite de cette révélation, le directeur général de KPMG Afrique du Sud Trevor Hoole, le président Ahmed Jaffer, le directeur des opérations Steven Louw et cinq associés seniors ont démissionné.

« Je présente mes excuses au public et à nos clients pour les manquements que nous avons identifiés lors de l’enquête », a déclaré le nouveau directeur de la division sud-africaine du cabinet d’audit, Nhlamu Dlomu.

Bell Pottinger et McKinsey dans la tourmente

KPMG a annoncé vouloir donner 40 millions de rands (3 millions de dollars), correspondant aux honoraires versés par les entreprises des Gupta, à des organisations œuvrant dans l’éducation et la lutte contre la corruption. Le cabinet s’est aussi engagé à rembourser les 23 millions de rands perçus pour son travail pour l’administration fiscale.

KPMG fait également l’objet d’une enquête de l’IRBA, un organe de régulation sud-africain, et risque de perdre son agrément d’auditeur.

C’est le deuxième grand groupe a être ébranlé par le scandale des GuptasLeaks, après Bell Pottinger, dans la tourmente depuis la découverte d’une campagne de communication raciste que l’agence avait menée pour le compte d’une entreprise des Gupta.

Capitalisme de connivence

Le parlement sud-africain a également ouvert une enquête visant le cabinet de conseil McKinsey, suspecté d’avoir aidé une entreprise des Gupta à détourner des fonds de la compagnie d’électricité d’État Eskom.

La famille Gupta, qui a bâti un empire économique en Afrique du Sud allant des médias aux mines, est accusée d’utiliser ses relations avec le président Zuma et sa famille pour faire des affaires. Les Gupta et Jacob Zuma ont nié à plusieurs reprises ces accusations.