Guinée : le gouvernement tente de reprendre la main après les violences de Boké

Par Jeune Afrique avec AFP

Scène d'émeute à Conakry, la capitale guinéenne, en avril 2015. © Youssouf Bah/AP/SIPA

Le gouvernement guinéen a déploré dimanche la situation dans la ville minière de Boké, en proie depuis mardi à des violences qui ont fait deux morts, de nombreux blessés et d’importants dégâts matériels.

Dans une déclaration aux médias d’État, le ministre de l’Administration du territoire, le général Bouréima Condé, a « regretté » dimanche les violences à Boké et annoncé des mesures pour y mettre un terme. La veille, le président Alpha Condé avait limogé le préfet de Boké, Mohamed Lamine Doumbouya, pour ramener le calme dans cette ville minière agitée depuis mardi par des manifestations contre l’absence d’eau et d’électricité.

« Depuis le début de ces violences, on déplore deux cas de décès que le président de la République a fortement déploré et (il a demandé à) son Premier ministre (Mamadi Youla) qu’il soit pris de façon diligente des mesures amenant à faire la lumière et toute la lumière sur ces deux cas de décès et que les éventuels coupables répondent devant la loi », a déclaré le ministre.

Des dégâts matériels importants

Selon lui, on dénombre également 14 gendarmes, 7 policiers et 57 civils blessés, dont 3 graves qui ont été évacués à l’hôpital de la CBG (Compagnie des bauxites de Guinée) à Kamsar (50 km à l’ouest de Boké). Un bilan humain auquel s’ajoute d’importants dégâts matériels, avec des magasins pillés, des locaux de la brigade de gendarmerie et deux camions brûlés, un pick-up et trois motos appartenant aux gendarmes calcinés, les archives et le ravitaillement des soldats brûlés ou dérobés par les manifestants.

« Le marché central a aussi été pillé, deux conteneurs défoncés, le village communautaire vandalisé, le bloc administratif régional vandalisés, les véhicules de commandement du gouverneur et du préfet caillassés », a-t-il énuméré. Des domiciles d’agents de la sécurité au centre-ville ont été vandalisés et leurs familles pourchassées.

Trois groupes électrogènes de secours

Le ministre a souligné que des centaines de personnes en provenance ou en partance pour la Gambie, la Guinée-Bissau et le Sénégal, et qui feraient l’objet selon lui de racket par les manifestants, étaient bloquées des deux côtés de la ville faute de moyen d’éviter le centre.

Pour calmer la situation, le général Boureima Condé a annoncé que le gouvernement avait envoyé trois groupes électrogènes pour fournir rapidement du courant électrique à Boké.

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