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Tunisie : abrogation de la circulaire empêchant les Tunisiennes d’épouser un non-musulman

Lors de la première Université d'automne des femmes tunisiennes et françaises, à Tunis, le 30 septembre 2016. © Amine Landoulsi/AP/SIPA

Depuis ce jeudi 14 septembre 2017, leurs prétendants ne sont plus obligés de se convertir à l'islam pour les épouser comme l'exigeait la loi. Une avancée historique.

C’est « une victoire », lance Monia Ben Jémia. La présidente de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD) ne cache pas sa joie, elle qui a toujours milité pour que soit abrogée la circulaire datée du 5 novembre 1973 qui empêchait les femmes tunisiennes d’épouser un non-musulman. Aujourd’hui, c’est chose faite. Les étrangers non-musulmans ne sont plus obligés de se convertir à la religion musulmane pour officialiser leur union avec une femme tunisienne.

« Tous les textes liés à l’interdiction du mariage de la Tunisienne avec un étranger, à savoir la circulaire de 1973 et tous les textes semblables, ont été annulés. Félicitations aux femmes de Tunisie pour la consécration du droit à la liberté de choisir son conjoint », a écrit sur Facebook Saïda Garrach, porte-parole de la présidence.

Il y a quelques jours, le ministère de la Justice avait envoyé une circulaire à toutes les administrations, annonçant l’abrogation des différents textes qui empêchaient l’union d’une Tunisienne avec un non musulman.

Volonté affichée de Béji Caïd Essebsi

Le chef de l’État, Béji Caïd Essebsi, avait annoncé le 13 août 2017, à l’occasion de la célébration de la fête de la femme, sa volonté de réviser la circulaire. Pour autant, Monia Ben Jémia insiste : « C’est une victoire des femmes tunisiennes et du mouvement féministe qui s’est mobilisé contre ce texte contraire aux conventions internationales signées par la Tunisie et à l’esprit de la Constitution ».

Pour la présidente de l’ATFD, cette victoire a aussi valeur d’exemple : « La Tunisie devient une sorte de modèle endogène de progrès. Cela interpelle nos voisins maghrébins, c’est très positif. Il y a une réelle émulsion régionale et elle profite aux femmes de toute l’Afrique du Nord. J’espère que nos voisins vont être inspirés par ce qui vient de se passer en Tunisie. »