Centrafrique : Dhaffane écarté de l’ex-Séléka, qui suspend sa participation à l’accord de Brazzaville

Le général Mohamed Moussa Dhaffane, ancien ministre des Eaux et forêts en 2013. © Vincent Fournier pour J.A.

Noureddine Adam, 1er vice-président l'ex-Séléka, a décidé d'écarter Mohamed Moussa Dhaffane de la direction de l'ex-rébellion et de suspendre sa participation à l'accord de cessez-le-feu signé le 23 juillet à Brazzaville.

L’unité de façade affichée par l’ex-coalition Séléka lors de la signature, le 23 juillet à Brazzaville, de l’accord de cessez-le-feu n’aura pas fait illusion longtemps. Dans un communiqué publié le 4 août, Noureddine Adam, 1er vice-président de l’ex-rébellion, a annoncé que Mohamed Moussa Dhaffane, 2e vice-président et signataire de cet accord pour l’ancienne rébellion, avait été suspendu de ses fonctions "pour non-respect des consignes de la hiérarchie".

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Joint par Jeune Afrique, Noureddine Adam a expliqué que Dhaffane n’avait pas "appliqué les directives du mouvement". "Lors du forum de Brazzaville, il m’a appelé pour me dire qu’on lui demandait de signer un accord, précise-t-il. Je lui ai dit qu’il fallait d’abord que nous en prenions connaissance et que nous en discutions entre nous. Mais il n’a pas tenu compte de mes indications. Depuis, je n’ai plus aucune nouvelle de lui."

Et de préciser : "Le président Djotodia et moi-même ne lui avons jamais donné l’autorisation de signer cet accord."

Cette sanction vise également Mahamat Taib Yacoub, 3e vice-président." Leur intérim sera assuré respectivement par le secrétaire général et le Chef d’état-major", précise le texte.

Communiqué de Noureddine Adam

Dans un autre communiqué transmis à Jeune Afrique, Noureddine Adam a également annoncé que l’ancienne rébellion suspendait sa participation à l’accord de Brazzaville. Une décision qui fait suite aux violents accrochages qui se sont produits lundi et mardi à Batangafo (300 km au nord de Bangui).

"Les événements sur le terrain démontrent que la communauté internationale a déjà choisi son camp, peut-on lire dans le texte. Sangaris et ses alliés, les anti-balaka déguisés en Faca sont venus nous attaquer gratuitement causant plusieurs morts et blessés parmi la population civile à majoritairement musulmane."

"Une logique de guerre a été installée. Nous sommes dans l’obligation de revoir notre position," précise Habylah Awal, porte-parole du bureau politique de l’ex-Séléka. Qui ajoute que la décision a été prise par Noureddine Adam en accord avec l’état-major installé à Bambari et avec le bureau politique.

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Par Vincent DUHEM