Musique : l’ode à la Sape de DJ Boddhi Satva et du rappeur Badi

Le DJ centrafricain Boddhi Satva en collaboration avec le rappeur belgo-congolais Badi. © DR

Le DJ centrafricain Boddhi Satva signe « Kitendi », un nouveau titre en collaboration avec le rappeur belgo-congolais Badi. Résultat : un beat influencé trap, avec un rythme lent, chargé en basses et accompagné de roulements de caisses claires, sur lequel Badi pose une voix hypnotique. Une configuration à rebours des sonorités afro house auxquelles Boddhi Satva nous avait habitués et qui offre à « Kitendi » une dimension entêtante.

« C’était une continuation logique, explique à Jeune Afrique Boddhi Satva. Après avoir fait mes gammes en musique électronique, je voulais revenir au hip-hop et au R’N’B. Car c’est une culture dans laquelle j’ai baigné toute ma jeunesse. Et puis, je n’aime pas rester indéfiniment dans la même catégorie. Avec Badi, qui est un ami de longue date, on a donc choisi de sortir des sentiers battus. »

En lingala, langue bantoue parlée au Congo, « Kitendi » signifie vêtements. Et c’est justement ce dont parle le morceau. Entre Papa Wemba, Stervos Niarcos et Kester Emeneya, Badi rend hommage aux pionniers de la Sape. En l’occurrence, un art typiquement congolais qui consiste à parader en étant le mieux « sapé » possible.

Un art devenu « kitsch » ces dernières années

« En écrivant Kitendi, je voulais redonner ses lettres de noblesse à cet art qui était devenu assez kitsch ces dernières années », souligne pour sa part Badi. Avec en prime une petite note d’humour, comme l’explique Boddhi Satva, envers « ces mecs qui veulent construire un empire, mais claquent tout pour se payer une chemise ».

Une ode appuyée par un clip léché et vintage (réalisé par Gilles Geek), qui nous entraîne dans les rues parisiennes du 11e arrondissement et dans la foule d’une fête au Café Barge. « Le concept du clip a été pensé par les stylistes Sam Lambert et Shaka Maidoh, explique Boddhi Satva. Pour le réaliser, on a fait appel à des Béninois, des Centrafricains, des Congolais… Bref, l’Afrique dans toute sa pluralité. »

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