Algérie : le chef des ahmadis condamné à de la prison avec sursis pour « offense à l’islam »

Par Jeune Afrique avec AFP

Des fidèles ahmadis, lors d'un rassemblement religieux e, Inde, en décembre 2011. © Altaf Qadri/AP/SIPA

Président de la communauté des ahmadie d’Algérie - un mouvement islamique messianique - Mohamed Fali a été condamné mercredi 13 septembre à six mois de prison avec sursis pour « offense au Prophète et à l’Islam ».

« Mohamed Fali a été condamné à six mois de prison avec sursis. Il a été reconnu coupable de collecte de dons non autorisés et d’offense au prophète et à l’Islam », a déclaré à l’AFP Me Salah Dabouz. Une peine sensiblement inférieure à celle requise par le parquet d’un an de prison ferme, lors de l’audience tenue le 6 septembre devant le tribunal correctionnel de Aîn Tedless, près de Mostaganem (355 km à l’ouest d’Alger).

Ce procès fait suite à celui du 15 février dernier, lorsque les juges avaient condamné par contumace Mohamed Fali – qui se trouvait alors en détention provisoire à Chlef – à trois ans de prison ferme pour les mêmes chefs d’accusation.

Comme la loi algérienne le permet, le prévenu avait fait opposition à ce jugement, lui offrant la possibilité d’un nouveau procès en sa présence. Libéré à la mi-mai 2017, il avait de nouveau été arrêté le 28 août à son domicile de Ain Sefra, à 650 km au sud-ouest d’Alger, et placé en détention provisoire à la prison de Mostaganem en attendant son nouveau jugement.

Des poursuites dans six tribunaux différents

Au total, Mohamed Fali est poursuivi dans six tribunaux différents. « Certes, mon client va retrouver sa liberté, mais je suis choqué qu’il ait été condamné dans une affaire où il n’y a pas de faits », a réagi Me Dabouz.  

Souvent considérés comme une secte, les quelque 2 000 ahmadis algériens sont depuis 2016 dans le collimateur des autorités. Au moins 286 adeptes ont ainsi été arrêtés et poursuivis par la justice. La quasi-totalité a été condamnée à des peines de prison allant de trois mois avec sursis à quatre ans ferme pour diverses infractions au droit d’association. Des poursuites motivées en réalité par leur foi, estiment leurs avocats.

Une liberté de culte garantie par la Constitution

L’Islam est religion d’État en Algérie, où domine la doctrine malékite sunnite. Ce qui n’empêche pas la Constitution de garantir la liberté de culte, sous réserve d’agrément des autorités pour le lieu de culte et le prédicateur.

Or, « les autorités ont privé les ahmadis du droit de se constituer en association, tirant parti des formulations vagues de la loi relative aux associations », expliquait l’ONG Human Rights Watch.

Fondé par Mirza Ghulam Ahmad à la fin du XIXe siècle dans le nord de l’Inde, l’ahmadisme, qui se revendique tolérant et pacifique, n’a pris racine en Algérie qu’à partir de 2007. Date à laquelle une chaîne de télévision du mouvement a pu être captée par satellite dans le pays.

Les ahmadis, qui revendiquent plusieurs millions d’adeptes répartis sur l’ensemble du globe, sont souvent victimes de persécutions car considérés comme hérétiques dans de nombreux pays musulmans.

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