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Maroc : à Casablanca, début du procès en appel d’une vingtaine de partisans du « Hirak »

Par Jeune Afrique avec AFP

Un manifestant du Hirak déploie le drapeau berbère devant les forces de l'ordre, lors de la grande marche du 20 juillet 2017 à Al-Hoceïma, dans le nord du Maroc. © Therese Di Campo/AP/SIPA

Une vingtaine de personnes, militants et sympathisants du mouvement de contestation dans le Rif, ont comparu mardi devant la justice marocaine.

Le procès de 21 personnes, dont trois sont en liberté conditionnelle, a débuté mardi 12 septembre devant la Cour d’appel de Casablanca, ont rapporté les médias locaux. Cinq d’entre elles sont accusées notamment « d’atteinte à la sécurité intérieure de l’État », de « tentatives de sabotage, de meurtre et de pillage », et de « conspiration contre la sécurité intérieure ». Les autres sont jugées pour des délits « d’offense et de violence » contre les forces de l’ordre. Figure parmi les accusés Nabil Ahemjik, l’un des meneurs du « Hirak » (« la mouvance », nom local du mouvement de contestation dans le Rif).

Le procès a été ajourné au 3 octobre « pour permettre aux avocats de la défense de mieux préparer le dossier », a rapporté l’agence de presse MAP. L’audience s’est déroulée devant une salle comble, et dans une ambiance houleuse, en présence de proches des détenus et d’avocats, membres du Comité de défense du « Hirak », qui ont eu plusieurs passes d’armes avec le juge. Ce procès intervient un mois après la grâce accordée par le roi Mohammed VI à 1 178 détenus, dont certains membres du mouvement de contestation qui agite la ville d’Al-Hoceïma et ses environs.

Une plus lourde peine pour un journaliste

Mardi matin, la Cour d’appel de la ville d’Al-Hoceïma (nord) avait alourdi une peine à un an de prison prononcée à l’encontre du journaliste marocain Hamid el Mahdaoui engagé et « en relation avec le hirak ». Directeur du site marocain Badil, connu pour ses prises de position tranchées contre le pouvoir, il avait été condamné fin juillet à trois mois de prison pour avoir appelé à prendre part à une manifestation interdite le 20 juillet à Al-Hoceïma, épicentre de la contestation qui secoue depuis octobre cette région nord du royaume.

Interrogée par l’AFP, une avocate et membre du Comité de défense du « Hirak » a confirmé ces informations. Selon un dernier rapport de Human Rights Watch (HRW), 216 personnes sont aujourd’hui derrière les barreaux, dont 47 en attente de jugement à la prison de Casablanca, et 169 déjà condamnées ou en attente de jugement à la prison d’Al-Hoceïma. La date du procès public du leader du mouvement, Nasser Zefzafi, n’a pas encore été officiellement annoncée.