Tunisie : la sécurité du territoire, enjeu central de la politique du gouvernement

Par - à Tunis

Un soldat tunisien devant le musée du Bardo, à Tunis, en mars 2015. © Michel Euler/AP/SIPA

Priorité des priorités, compte tenu des menaces – conflit libyen, émergence du terrorisme –, la sécurisation du territoire impose à l’armée de se moderniser et de se doter d’équipements adéquats.

C’est ce que l’armée a commencé à faire en sollicitant la coopération internationale pour la remise en état de 12 chasseurs-bombardiers F-5E et F-5F Tiger, l’achat de drones, d’avions de transport de type Hercule et de 100 véhicules de transport Kirpi, la commande de 24 hélicoptères à vision nocturne ainsi que la mise en place d’un système de surveillance électronique de la frontière avec la Libye à partir de 2018. Mais le pays devra aussi envisager la création de nouveaux corps formés aux nouvelles méthodes de combat et d’entamer une réflexion sur la nécessité d’une armée de métier.

La lutte contre le terrorisme a occulté les relations difficiles des Tunisiens avec le ministère de l’Intérieur, qui a amélioré sa communication ces dernières années. Mais ce département régalien reste un pôle sensible dont on attend qu’il agisse en toute indépendance. Or les intérêts partisans et la corruption mise au jour au fil des affaires ont conforté la suspicion de la population.

Les livres blancs qui ont été élaborés pour moraliser le système sécuritaire ont conduit à un changement de comportement notable des policiers, mais beaucoup d’anciens réflexes, notamment sur des questions de libertés individuelles, perdurent, tandis que la création d’une police environnementale semble être une mesurette sans grand effet sur la tragédie écologique que vit le pays.

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici