Tunisie : Youssef Chahed était devant l’Assemblée pour l’investiture de son nouveau gouvernement

Youssef Chahed, chef du gouvernement tunisien. © Riadh Dridi/AP/SIPA

Le Premier ministre tunisien a décliné sa liste d'urgences pour sortir le pays de la crise économique. Au passage, Youssef Chahed a aussi essuyé les critiques d'élus sur le retour d'anciens ministres de Ben Ali dans sa nouvelle équipe.

Le Chef du gouvernement d’union nationale, Youssef Chahed, s’est présenté, le lundi 11 septembre, à l’Assemblée des représentants du peuple (ARP) pour obtenir sa confiance en son nouveau gouvernement issue du remaniement du 6 septembre. Dans une allocution préliminaire, le chef de l’exécutif a souligné que son équipe a été pensée dans l’esprit de l’union nationale et des consignes édictées par le document de Carthage, feuille de route co-signée par neuf partis politiques et institutions nationales.

« Il faut démarrer immédiatement les plans de restructuration »,  a tonné le locataire de la Kasbah, éludant le bilan de son précédent gouvernement, sous lequel « certains indicateurs comme le taux de croissance se sont améliorés ». Se voulant pragmatique, le chef du gouvernement tunisien a déclaré une guerre contre le terrorisme, la corruption et pour sauver l’économie. Il a détaillé les objectifs de la nouvelle étape, éminemment économique, que traverse le pays. 

Les urgences économiques

À l’horizon 2020, quatre objectifs ont ainsi été fixés : réduire à 3% le taux d’inflation, stabiliser l’endettement à 70 %, maintenir la masse salariale du secteur public à 12,5 % et cibler un taux de croissance à 5%. Ces objectifs seront accompagnés de réformes urgentes en matière de fiscalité, ainsi que d’une révision des établissements publics où l’État investit à perte, sans oublier la mise en place d’une nouvelle politique monétaire.

Autre point chaud :  la réforme des caisses sociales. En premier lieu, la Caisse de compensation qui bénéficie à tous et non aux plus nécessiteux.

Un programme qui n’étonne personne puisqu’il découle des recommandations du Fond monétaire international (FMI) et des pistes proposées par la majorité des économistes. Le patron de l’exécutif a annoncé à cette occasion que des investissements à hauteur de 5,2 milliards de dinars tunisiens (1,7 milliards d’euros) pourraient être réalisés, durant les trois prochaines années, sous forme de Partenariats public/privé (PPP). Une nouvelle rubrique dédiée à ces PPP sera intégrée dans la loi de Finances 2018. Plus précisément, un « titre 3 ». 

Nous soutenons un gouvernement d’Union nationale et non une alliance frelatée

Un vent de critiques

L’intervention de Youssef Chahed n’a pas suscité le même enthousiasme que celui enregistré lors de son investiture, en août 2016. Bien au contraire. Beaucoup d’élus se sont demandé à quoi servait un nouveau programme, puisque le plan quinquennal 2016-2020 n’a pas été mis en oeuvre.

Certains, comme la députée, Farida Labidi, membre du parti Ennahda (islamiste), se sont interrogés sur la place accordée aux régions dans cette stratégie. D’autres, dont Amar Amroussia du Front populaire (FP), ont pointé du doigt l’arrivée de ministres qui ont occupé de hautes fonctions sous l’ancien président, Zine El Abidine Ben Ali, et la reconduction de ministres comme Zyed Laadheri et ce, malgré l’échec de leur premier mandat. 

« Nous soutenons un gouvernement d’Union nationale et non une alliance frelatée », a assèné Hager Ben Cheikh Ahmed, députée du parti Afek Tounes. Elle s’est étonnée du manque de compétences dans le nouveau gouvernement et de la très faible représentativité des femmes.

En présence de 178 députés sur 217, les ministres, un à un ont obtenu la confiance de l’ARP malgré les critiques acerbes sur la dégradation de la situation économique notamment dans les régions intérieures.

 

 

 

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