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Libye – Béchir Saleh : « Nous donnions de l’argent de poche à nos visiteurs. C’est dans nos traditions »

Par Jeune Afrique

Bechir Saleh, ancien homme de confiance de Kadhafi, le 31 août 2017, à Johannesburg. © Vincent Fournier/JA

Pour la première fois depuis la chute de Kadhafi, Béchir Saleh, son ancien directeur de cabinet et ex-patron du fonds souverain libyen, accorde une interview à un média. Retrouvez l'intégralité de l'entretien dans l'édition de Jeune Afrique, en kiosque à partir du 10 septembre.

Béchir Saleh, 71 ans, est un personnage discret, soigné, courtois et insaisissable. Dans le salon cosy du Saxon Hotel, à Johannesbourg, où Nelson Mandela vécut quelque temps après sa libération, celui qui fut pendant quatre décennies l’un des plus proches collaborateurs de Kadhafi et l’un de ses derniers fidèles a reçu Jeune Afrique avec d’infinies précautions.

Ses relations avec le « Guide » et la chute de celui-ci, le rôle de Nicolas Sarkozy, ses relations avec Dominique de Villepin, Claude Guéant ou encore Alexandre Djouhri, le magot libyen et sa fortune personnelle, mais aussi sa vie en Afrique du Sud et ses tentatives pour influer sur le sort de son pays… Il dit tout.

Du début de sa relation avec Mouammar Kadhafi, il se souvient : « En 1976, Kadhafi m’a envoyé comme ambassadeur en Centrafrique. Il venait tout juste d’obtenir la conversion de Bokassa à l’islam sous le nom d’Ahmed Salaheddine (…). J’ai observé les multiples voyages du président Valéry Giscard d’Estaing en Centrafrique, ainsi que la manière dont ce dernier a fini par sacrifier son hôte sur l’autel de la politique intérieure française. »

À cette époque, il sert d’intermédiaire pour la libération de l’ethnologue française Françoise Claustre et de son mari, aux mains du Tchadien Hissène Habré : « En mars 1976, Abdel Salam Jalloud, alors Premier ministre, m’a fait venir à Tripoli. « Je veux que tu obtiennes la libération des Claustre, je veux faire plaisir à mon homologue et ami Jacques Chirac », m’a-t-il dit. Je me suis donc rendu dans les montagnes du Tibesti, où j’ai rencontré Hissène Habré. Les négociations ont été très difficiles. J’y ai risqué ma vie. »

Plus tard, « entre 1995 et 2007, j’ai été reçu à plusieurs reprises par le président Chirac, par son conseiller Claude Gourdault-Montagne, par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur (…). C’est Alexandre Djourhi qui m’a présenté à Nicolas Sarkozy et à Claude Guéant. »

Kadhafi à Sarkozy : « Pourquoi me fais-tu ça ? » Réponse de Sarkozy : « Parce que tu te moques de moi »

En février 2011, lorsque la guerre civile éclate en Libye et, en mars, lorsque la France s’engage militairement, il demande à Kadhafi de rejoindre Paris afin de « calmer » ses « amis » : «  Kadhafi m’avait donné l’ordre de ne poser, de sa part, qu’une seule question au président : « Pourquoi me fais-tu cela ? » Réponse de Sarkozy : « Parce que tu te moques de moi » », se souvient-il.

En revanche, sur le financement de la campagne présidentielle de Sarkozy, Béchir Saleh dément, comme il l’avait déjà fait dans un communiqué.

Aujourd’hui, il veut rentrer en Libye pour y jouer un rôle. Il se déplace beaucoup et rencontre de nombreux chefs d’État africains. Veut-il être candidat ? « Si le peuple me le demande », répond-il, « j’en ai le courage et l’envie ».

Pour lire l’interview intégrale et accéder dès maintenant à l’édition digitale du nouveau numéro de Jeune Afrique, téléchargez l’application « JEUNE AFRIQUE – LE MAGAZINE »