Attaque au gaz sarin en Syrie : l’ONU accuse le gouvernement

Par Jeune Afrique avec AFP

Des victimes d'attaque au gaz chimique dans un hôpital à Alep, le 19 mars 2013. © HOPD/AP/SIPA

Des enquêteurs de l’ONU ont indiqué mercredi pour la première fois que le gouvernement syrien était responsable de l'attaque au gaz sarin sur la localité de Khan Cheikhoun le 4 avril en Syrie, qui avait fait 87 morts, essentiellement des femmes et des enfants.

Selon le 14ème rapport de la Commission d’enquête de l’ONU sur la situation des droits de l’homme en Syrie publié mercredi,  » le 4 avril, dans le cadre d’une campagne aérienne (…) les forces aériennes syriennes ont utilisé du gaz sarin, tuant plus de 80 personnes, la plupart étant des femmes et des enfants « . La campagne aérienne a aussi rendu difficile l’intervention des équipes médicales, ce qui a alourdi le nombre de victimes civiles, selon les enquêteurs.

« Le gouvernement continue de viser délibérément des civils, y compris avec des armes chimiques sur les zones contrôlées par l’oppositions », conclut le rapport qui rejette l’idée que les frappes aient touché un dépôt produisant des munitions chimiques.

« Une violation grave du droit international »

 » À Idlib, Hamah et dans l’est de Ghouta, près de Damas, les forces Syriennes ont utilisé du chlore comme arme chimique. Des attaques qui constituent une violation grave du droit international humanitaire et de la Convention sur les armes chimiques, dont la Syrie est signataire depuis 2013 « , condamne l’ONU.

Pour le président de la Commission, Paulo Sérgio Pinheiro,   » les protagonistes de cet horrible conflit doivent tenir compte des notions de base de droits humains dans leurs tactiques. Et la communauté internationale doit renforcer son engagement pour la justice et demander des comptes à ceux qui perpétuent ces crimes, pour mettre un terme aux souffrances du peuple syrien. « 

Quelques jours après cette attaque au gaz sarin, les États-Unis avaient bombardé la base aérienne de al-Chaayrate, dans la province centrale de Homs. La base militaire avait été frappée par 59 missiles de croisière tirés par des navires américains. « Il s’agissait d’une réponse proportionnée » à l’attaque de Khan Cheikhoun, expliquait alors le porte-parole de l’armée américaine, destinée à « dissuader le régime d’utiliser des armes chimiques à nouveau ». Cette attaque massive ciblant les forces fidèles à Bachar el-Assad a été la première de cette ampleur menée par les États-Unis depuis le début du conflit. Le président américain Donald Trump avait alors justifié l’opération à la télévision : « Il est dans l’intérêt vital de la sécurité nationale des États-Unis de prévenir et d’empêcher la prolifération et l’usage d’armes chimiques. »

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